Tour du Limousin : enfin la lumière au bout du tunnel pour Thibaut Pinot ?

Après quasiment un an de convalescence, le Français annonce avoir retrouvé des sensations et compte se rassurer dès mardi sur la première étape du Tour du Limousin.

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Thibaut Pinot ne s'était pas fait plaisir lors de sa dernière course, le 23 avril 2021 sur le Tour des Alpes. (PIERRE TEYSSOT / MAXPPP)

La fin d'une attente de 116 jours. Quatre mois après sa dernière course, Thibaut Pinot va enfin accrocher un nouveau dossard à son maillot, mardi 17 août, sur le Tour du Limousin. Gêné par une blessure au dos depuis sa chute sur la première étape du Tour de France 2020, le Franc-Comtois espère que ses ennuis sont maintenant derrière lui.

"Je me sens comme un coureur tout neuf, tout jeune, avec plein d'envie. Ça fait vraiment un moment que j'attends de mettre un dossard. Physiquement, ça a l'air d'aller plutôt pas mal, je suis content. Le plaisir je l'ai retrouvé et mentalement, je suis impatient", a confié le coureur de la Groupama-FDJ jeudi au cours d'un point presse, décontracté. Le ton de son discours a complètement tranché avec celui qui était le sien lors du Tour des Alpes, sa dernière sortie en compétition fin avril.

Thibaut Pinot lors de sa chute sur la 1re étape du Tour de France 2020. (STEPHANE MANTEY / AFP)

Thibaut in shape ?

Au terme des cinq étapes de la course italienne, conclue à une anonyme 60e place, il dressait alors un constat alarmant au micro de la chaîne L'Équipe : "Le bilan est catastrophique, il n'y a eu pas grand-chose de positif cette semaine. Plus les kilomètres passent, moins ça va. Après trois heures de vélo, c'est compliqué pour moi". Son dos toujours endolori, huit mois après sa chute à Nice lors de la 1re étape qui lui avait déjà gâché sa Grande Boucle, Thibaut Pinot jetait à la poubelle quelques jours plus tard ses ambitions sur le Giro en déclarant forfait.

"Le plus dur, c'était de regarder toutes les courses à la télé et de ne pas voir d'amélioration pendant les six premiers mois de l'année. Regarder le Giro c'était frustrant, le Tour de France encore plus. Je me sentais impuissant, inutile", a retracé le grimpeur de 31 ans, qui avoue avoir pensé un moment tout arrêter. Il confie avoir gardé dans un coin de sa tête sa deuxième place sur le Critérium du Dauphiné, juste avant le Tour 2020 : "Je n'étais pas à grand chose de [le] gagner. Ce n'était pas une question de potentiel. Je ne pouvais pas m'arrêter là-dessus. Je n'ai pas encore fait le tour de la question et j'ai toujours envie de gagner de belles courses".

La spirale s'est inversée mi-juillet quand Pinot a rejoint ses coéquipiers au stage en altitude à Tignes. "Le but c'était de retrouver les copains et l'ambiance du groupe,  pas de faire un stage d'entraînement. Mais j'ai vu que ça allait de mieux en mieux, que je tenais l'allure de mes coéquipiers. Ça m'a vraiment rassuré. J'étais bien et j'ai compris que ça allait revenir assez vite. À la fin, j'étais motivé comme un cadet", s'est amusé le Franc-Comtois à cinq jours de reprendre la compétition.

La Lombardie dans le coin de la tête ?

L'ex-troisième du Tour de France 2014 a retrouvé la faim. Il suffit de regarder son profil sur le réseau social Strava, où ses sorties vélo sont scrupuleusement publiées, pour comprendre qu'il a tout simplement changé de braquet. Après le Tour des Alpes, Pinot est resté sans rouler pendant près d'un mois et demi. Mais au mois d'août, les sorties de six heures se sont accumulées, notamment sur les routes du Ballon d'Alsace.

Le Franc-Comtois ne veut pas "se faire de fausse joie", attendant de voir si la douleur ne revient pas d'ici la fin du Tour du Limousin. Il explique ne pas avoir voulu prendre des risques en s'alignant sur la Vuelta, avec l'idée de "ne pas faire la même erreur" que l'an passé. Thibaut Pinot avait pris le départ du Tour d'Espagne avec sa douleur au dos et 21 jours de souffrance dans les pattes. S'il se veut mesuré dans une partie de sa communication, son authenticité crée une forme de paradoxe, tant il semble avoir du mal à retenir son excitation.

Pour l'instant attendu en France, sur le Tour du Limousin (17 au 20 août), le Tour du Poitou-Charentes (24 au 27 août), la Classic du Doubs (3 septembre), le Tour du Jura (4 septembre) et le Tour du Doubs (5 septembre), Pinot a évoqué le besoin de se rassurer avant la prochaine saison. Mais il a dans le même temps déclaré que son "grand objectif était les courses de fin de saison en Italie", sous-entendu le Tour de Lombardie. C'est sur ce monument qu'il concrétisait déjà une première résurrection en 2018, un peu moins de quatre mois après son abandon aux portes du podium du Giro.

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