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Tour de France: dans son exploit vers le Mont Blanc, Romain Bardet doit beaucoup à Mikael Chérel

Un homme de l’ombre. Un homme abattu par son début de Tour de France raté. Entre Albertville et Saint-Gervains Mont Blanc, Mikael Chérel a retrouvé de sa superbe. Mieux, il a été à la hauteur de Romain Bardet.
Article rédigé par Christophe Gaudot
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 4min
 

On a tellement attendu ces images de joies françaises sur ce Tour de France 2016 que voir Romain Bardet et Mikael Chérel s’étreindre de bonheur dans la zone mixte avait quelque chose d’agréable, de salvateur, de libérateur. Plus que ça, de délicieux. « C’est du bonheur par procuration », exultait Chérel cherchant Bardet du regard. Et "Mika" a craqué. Et Les larmes ont coulé. Des larmes de joie, des larmes de fierté. La fierté du travail bien fait. L’histoire du jour, c’est évidemment l’épopée fantastique de Romain Bardet mais chacun devra se souvenir qu’elle a démarré dans la roue de celui qu’il considère comme un frère sur le vélo : Mikael Chérel.

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Bardet-Chérel, inséparables​

Comment présenter Mikael Chérel ? Dire qu’il est le lieutenant de Romain Bardet serait trop réducteur. Le Normand est beaucoup plus que ça. Il est le miroir de son leader. Quand Bardet part en stage dans la Sierra Nevada, Chérel le suit. Ensemble, les deux hommes avalent des milliers de kilomètres de dénivelé. Le tout dans un seul but : briller sur les routes du Tour de France et arriver là où est Romain Bardet aujourd’hui : à la deuxième place du classement général à deux jours de la parade sur les Champs-Elysées. 

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Il faut bien le dire, jusque ce vendredi 22 juillet qui restera dans les mémoires des amoureux du vélo, la formation Ag2r-La Mondiale avait déçu. Cette « dream team » appelée à soutenir son fer de lance dans la montagne avait failli. Domenico Pozzovivo n’était pas le coureur qui a terminé 5e du Giro dans sa carrière, Ben Gastauer n’était pas aussi étincelant qu’en 2014, Alexis Vuillermoz a eu du retard à l’allumage. Et dans tout ça, Mikael Chérel traînait sa misère. Dans ses yeux se lisait toute sa détresse. Sur son visage, on devinait la colère. On comprenait que le coureur de 30 ans repensait à tous les sacrifices endurés pour être au niveau de Bardet. Car l’Auvergnat est aussi exigeant avec ses coéquipiers qu’il l’est avec lui-même. C’est dire. Quiconque veut l’aider doit se montrer irréprochable. Pour soutenir au mieux son frère de route, Chérel s’est astreint à une discipline de fer, la même que Bardet, perdant du poids pour être au mieux en haute montagne, surveillant son alimentation comme jamais. Des facteurs qui ont peut-être affaibli son corps et provoqué l’angine qui l’a frappé juste avant le Tour de France. Celle-là même qui lui a coûté beaucoup d’énergie alors que le Tour partait de chez-lui, dans la Manche.

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Une confiance aveugle

Pendant deux semaines et demie, Chérel était un pensionnaire du gruppetto, aux côtés des sprinteurs. Une situation inacceptable après tant d’efforts. Inacceptable quand on ambitionne d’accompagner son leader le plus loin possible. Dimanche, entre Bourg-en-Bresse et Culoz, Chérel était mieux. La santé revenait. Et c’est tout logiquement qu’il a retrouvé son meilleur niveau pour la dernière semaine. « C’est fabuleux, jurait Bardet. ‘Micka’ m’a dit : ‘l’arrivée est en haut de Domancy, on sprinte et on fait la descente à fond’. Je l’ai suivi à l’instinct ». C’est tout logiquement que son leader a fait confiance. C’est encore plus logiquement qu’à l’arrivée, Romain Bardet, Julien Jurdie et Vincent Lavenu ont salué son travail. Un travail venu récompenser les énormes sacrifices d’hier. 

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