Harcèlement sexuel dans le cyclisme : l'entraîneur belge Marc Bracke suspendu pendant trois ans

Le directeur général et directeur sportif de l'équipe féminine Doltcini-Van Eyck-Proximus Continental est accusé par plusieurs sportives dont la Française Marion Sicot.

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Radio France
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Suspendue pour dopage en 2019, la Française Marion Sicot a expliqué qu'elle cherchait à performer pour fuir les humiliations sexuelles infligées par son entraîneur, Marc Bracke. (ERIC MALOT / MAXPPP)

La commission disciplinaire de l'Union cycliste internationale (UCI) a prononcé mercredi 23 juin, une suspension "de toute fonction dans le cyclisme pour une période de trois ans" et le suivi d'un "programme de sensiblisation au harcèlement" à l'encontre de l'entraîneur Marc Bracke, directeur général et directeur sportif de l'équipe féminine Doltcini-Van Eyck-Proximus Continental. Le Belge Marc Bracke était accusé par plusieurs coureuses cyclistes, notamment la Française Marion Sicot.

Marion Sicot avait été suspendue en juillet 2019 après avoir été contrôlée positive à l'EPO. Dans un entretien au magazine Stade 2 en mars 2020, elle expliquait s'être dopée dans l'espoir de performer pour satisfaire son entraîneur, Marc Bracke, dont elle dénonçait le comportement malsain. Sous prétexte de contrôler son poids et sa forme physique, "il me demandait des photos en sous-vêtements, devant et derrière, tous les lundis. Et puis ensuite, il a voulu des photos en string, beaucoup plus intimes", explique Marion Sicot. La coureuse originaire de l'Indre dit avoir été mise à l'écart de l'équipe lorsqu'elle a décidé de ne plus envoyer de photos.

"Un comportement humiliant à connotation sexuelle"

En décembre 2019, l'AFLD (Association française de lutte contre le dopage) corroborrait la version de Marion Sicot dans un rapport consulté par l'AFP. Marc Bracke "a imposé à cette sportive de 26 ans, de façon répétée, un comportement humiliant à connotation sexuelle et qui n'avait à l'évidence aucune justification sportive" et "s'est livré à un harcèlement sexuel d'autant plus inadmissible qu'il connaissait la précarité de la situation de la jeune femme et ne pouvait ignorer l'emprise qu'il exerçait sur elle du fait de ses fonctions de dirigeant", relevait alors la commission des sanctions de l'AFLD. Marion Sicot "a d'autant plus cherché à se perfectionner et à réaliser des performances sportives qu'elle souhaitait échapper à ces rapports malsains (...) c'est dans ce contexte particulièrement difficile, qui ne peut être ignoré que Mme Sicot a décidé d'avoir recours au dopage", ajoute l'AFLD.

Outre le volet sportif, une enquête en justice est aussi en cours, à la suite d'une plainte déposée par Marion Sicot auprès du parquet de Montargis (Loiret).

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