Dopage dans le cyclisme : Bernard Sainz, alias "docteur Mabuse", mis en examen

Le naturopathe de 74 ans est poursuivi pour "exercice illégal de la médecine" et "incitation à l'utilisation par des sportifs de substances ou méthodes dopantes interdites".

Bernard Sainz à son arrivée au tribunal de Caen (Calvados), le 4 juillet 2017.
Bernard Sainz à son arrivée au tribunal de Caen (Calvados), le 4 juillet 2017. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Il a été interpellé lundi dans l'Orne. Bernard Sainz, surnommé "docteur Mabuse" et déjà condamné dans des affaires de dopage dans le monde du cyclisme amateur et semi-professionnel, a été mis en examen mercredi 22 novembre dans une nouvelle enquête pour des faits similaires, a indiqué une source judiciaire à l'AFP. Il a été placé en détention provisoire.

Le naturopathe français de 74 ans est notamment poursuivi pour "exercice illégal de la médecine" et "incitation à l'utilisation par des sportifs de substances ou méthodes dopantes interdites", à chaque fois "en récidive légale", précise cette source judiciaire. 

Filmé en caméra cachée en 2016

Bernard Sainz avait été filmé en 2016 en caméra cachée, dans un reportage télévisé de l'émission "Cash investigation", en train de donner des protocoles de dopage à des cyclistes. Il conseillait notamment à ses "patients" la prise d'EPO (érythropoïétine) et de clenbutérol, un anabolisant utilisé pour les chevaux.

Une information judiciaire avait été ouverte le 10 février à Paris, et les investigations confiées à la Section de recherches de Caen et à l'Office de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp).

"Un spécialiste des médecines douces"

Bernard Sainz, qui n'est pas médecin mais se présente comme "un spécialiste des médecines douces", a été condamné en septembre à neuf mois de prison ferme dans une affaire de dopage dans le monde du cyclisme amateur et semi-professionnel, malgré ses constantes dénégations. Une condamnation dont il a fait appel, selon son avocat, Stéphane Mesones.

Il avait déjà été condamné en 2014 à deux ans de prison, dont vingt mois avec sursis, pour "incitation au dopage" et "exercice illégal de la médecine". En 2013, il avait également écopé d'une peine de 3 000 euros d'amende dans une affaire liée à des pratiques de dopage de chevaux.