"C'est tout pour moi, Raymond" : les hommages à Poulidor sur les routes du Limousin

Initialement, la 12e étape du Tour de France aurait dû faire étape ce jeudi 9 juillet dans le Limousin sur ces routes chères à Raymond Poulidor, disparu l’an dernier, à l’âge de 83 ans. À cette occasion, plusieurs hommages vont être rendus au célèbre cycliste.

Raymond Poulidor au départ du Touquet-Paris-Plage, lors de la 101e édition du Tour de France, en juillet 2014. 
Raymond Poulidor au départ du Touquet-Paris-Plage, lors de la 101e édition du Tour de France, en juillet 2014.  (ERIC FEFERBERG / AFP)

Poulidor, c'est une époque, un terroir. Un univers dans lequel le vélo ne va pas sans l'accordéon, les bals et notamment ceux du Bol d'or des Monédières à Chaumeil, en Corrèze, là où il brillait lors du critérium cycliste, où des milliers de gens dansaient. Joëlle se souvient du phénomène "Poupou". "C'est vrai que Raymond Poulidor venait tout le temps. Tous les ans, il tenait à être là. C'était une région très chère à son coeur. Les gens étaient très, très contents de voir Poupou, explique-t-elle. On venait voir Raymond Poulidor, c'était le chouchou de tout le monde.", se rappelle Joëlle. 

La 12e étape du Tour de France 2020 aurait dû faire étape sur les routes chères à Raymond Poulidor, décédé le 13 novembre 2019, à l'âge de 83 ans. Pour l'occasion, la ville de Chauvigny, d'où devait partir l'étape du jour, va renommer sa place centrale "Place Raymond Poulidor", car dans le coin, personne ne l’a oublié.

Une course cycliste amateur en hommage à "Poupou" 

À la fin du mois d'août, les anciens du Bol d'Or vont lui rendre hommage au travers d'une course cycliste amateur avec un départ prévu à Saint-Léonard-de-Noblat, la ville où a vécu et où repose Raymond Poulidor. Là où son ami de toujours, Jean-Pierre Mico, veille sur lui. "C'est tout pour moi, Raymond. Je suis intarissable sur lui. Pour moi Raymond, il est là, il est dans mon cœur et je ne peux pas dire autre chose pour moi, c'est mon Dieu.".

L'ambiance c'était, dans un petit village de 140 habitants, 50 000 personnes qui venaient de tous les coins de France. Il y avait une ambiance particulière, festive, sportive.Joëlle, habitante de Chaumeil, en Corrèzeà franceinfo

Jean-Pierre Mico se souvient comme si c'était hier de la victoire de son ami à San Remo en 1960. Depuis le Maroc, où il faisait son service militaire, il l'avait suivi à la radio. "Je me rappellerai toujours mes copains avaient rajouté sur mon paquetage, "habits de Raymond Poulidor", se rappelle Jean-Pierre Mico. Je ne parlais que de lui. Et cette année là, le jour de Milan-San Remo, au mois de mars 1960, j'avais glissé mon petit transistor dans la salle de cours. D'un seul coup, Raymond Poulidor avait gagné Milan-San Remo, j'ai éclaté ! Tout le monde m'a regardé. 'Mais qu'est ce qu'il y a Mico ? Qu'est ce qu'il vous arrive?' Mon copain vient de gagner Milan-San Remo !"

Le fidèle Jean-Pierre sera bien là, à Saint-Léonard-de-Noblat le 10 septembre prochain, pour voir le Tour passer et honorer "son" Poulidor.

Limousin : l'hommage à Raymond Poulidor - Reportage de Xavier Monferran
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