Vidéo Les sportifs doivent-ils inciter à la vaccination ? "Ce n'est pas mon rôle", répond le basketteur Rudy Gobert

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"Je pense que chacun devrait prendre ses propres décisions", explique Rudy Gobert. Le vice-champion olympique avec l'équipe de France de basket revient également sur sa performance alors qu'il va sortir une BD. 

Inciter à la vaccination "n'est pas mon rôle", a déclaré Rudy Gobert, jeudi sur franceinfo, alors qu'il était interrogé sur le rôle des sportifs de haut niveau dans la lutte contre le Covid-19. Le vice-champion olympique avec l'équipe de France de basket, qui sortira une BD en novembre, est aussi revenu sur la performance des tricolores aux JO de Tokyo et sur son image auprès des plus jeunes.

Franceinfo : L'équipe de France de basket a bien failli remporter le titre olympique, à Tokyo. Vous êtes-vous remis de la défaite, en finale, face aux États-Unis ?

Rudy Gobert : On visait la médaille d'or. On savait qu'on en était capable, mais on a fini un peu court. On n'est pas passé loin, donc forcément, il y a de la frustration. Mais on a fait vibrer les gens, les jeunes, les fans. Les Français nous ont soutenus jusqu'au bout et avec le recul, je me dis que c'est super encourageant. On a Paris 2024 qui arrive. Gagner cette médaille d'or là, ce serait une belle histoire.

Pour certains adolescents, vous êtes un modèle. Comment le vivez-vous ?

Ça fait chaud au cœur. Il ne faut pas oublier qu'il y a quelques années, il n'y a pas si longtemps, j'étais un de ces jeunes aussi. C'est super, c'est une fierté pour moi de pouvoir les inspirer. J'espère que quand ils regardent mon parcours, ils se disent qu'eux aussi peuvent accomplir ce qu'ils ont envie d'accomplir. Je leur dis : "croyez en vous". Ce n'est jamais facile. Il y aura toujours des déceptions. Mais si vous gardez confiance, vous n'arrêtez jamais de bosser, tout peut arriver.

L'an dernier, vous avez été la cible de critiques, après vous être amusé à passer la main sur les micros devant vous, en conférence de presse. C'était avant qu'on apprenne votre contamination au Covid-19. Comment l'avez-vous vécu ?

Ce n'était pas toujours facile. J'ai été traité un peu comme si j'avais volontairement mis en danger la vie des gens. Comme tout être humain, on apprend toujours de nos erreurs. Au final, je suis content qu'avec le recul, on se soit rendu compte que beaucoup d'autres joueurs avaient sûrement déjà eu le Covid-19 avant [cette conférence de presse] et qu'il se transmet par aérosols [selon l'OMS, on peut aussi être infecté lorsque l'on touche des surfaces contaminées par le virus]. Avec le recul, le point de vue est toujours différent.

Êtes-vous vacciné, aujourd'hui, contre le Covid-19 ?

Oui. J'ai pris du temps [avant de le faire].

Pensez-vous que les sportifs doivent donner l'exemple, en incitant les jeunes à aller se faire vacciner, ou bien partagez-vous l'avis du judoka Teddy Riner, qui estime que ce n'est pas son rôle ?

Ce n'est pas mon rôle non plus. Je pense que chacun devrait prendre ses propres décisions. Tout le monde est différent. Ce n'est pas mon rôle de dire aux gens ce qu'ils devraient manger, ce qu'ils devraient boire, ce qu'ils devraient injecter dans leur corps. Je prends une décision sur ce que je pense être bien pour moi. Chacun devrait faire pareil.

En début de semaine, Emmanuel Macron vous a reçu à l'Élysée, avec les autres médaillés aux JO de Tokyo. Selon lui, "les résultats sont là, mais des progrès restent possibles". A-t-il raison de mettre la pression comme cela ?

Je pense que c'est sa manière de nous encourager, de nous pousser. On peut toujours voir le mauvais côté, comme on peut voir le bon côté. Le bon côté, c'est qu'il y a de l'ambition et il veut nous pousser à nous surpasser.

Votre dernier projet, c'est une bande dessinée de science-fiction qui va sortir au mois de novembre. Elle est intitulée "Bash" et vous en êtes le héros. C'est l'histoire d'un enfant qui vit seul avec sa mère dans un quartier pauvre et qui s'en sort grâce au basket. C'est votre vie ?

Il y a des similitudes. Je voulais vraiment créer un univers qui soit prenant. Le but, c'est que tout le monde puisse se passionner pour cette œuvre, même celles et ceux qui n'aiment pas forcément le basket. Je suis impatient de voir naître ce projet. Le "bash" c'est un peu le sport universel, dans cet univers. Quand les peuples ont des problèmes entre eux, ils le règlent avec le "bash".

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