Pour lutter contre le racisme, le Limoges CSP s'allie avec la Ligue des droits de l'Homme

C'est une première dans le sport français. En basket, le Limoges CSP signe un partenariat avec la Ligue des Droits de l’Homme pour mener à bien des actions contre le racisme.

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Radio France
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Jerry Boutsiele face au Strasbourgeois Yannis Morin lors du match de basket Elite entre Strasbourg et le CSP Limoges, le 12 octobre 2020.  (JEAN-MARC LOOS / MAXPPP)

La campagne symbolise le nouveau rôle que les sportifs comptent désormais jouer. Le Limoges CSP et la Ligue des droits de l'Homme s'associent pour lutter contre le racisme. Les insultes racistes, Jerry Boutsielé, basketteur du Limoges CSP, y a déjà été confronté : "J'ai entendu des cris de singe, des 'bamboula, tu ne sais pas tirer, rentres chez toi', on m'a dit aussi 'tu attrapes la balle comme si tu attrapes une banane'." Mais plus question de les passer sous silence. L’international tricolore veut agir pour dénoncer et faire évoluer les mentalités : "J'espère avoir des enfants un jour. Je n'ai pas envie qu'ils entendent ça à la télé. Quand je vois ce qu'a fait le Paris-Saint-Germain en football, c'est très fort. Il faut suivre cet exemple-là."

Pourtant, Jerry le reconnaît, il y a peu, en parler semblait encore inimaginable : "Je me souviens de l'athlète américain Colin Kaepernic qui a posé le genou à terre. Tout le monde se moquait de lui il y a cinq ans. Toutes les deux semaines maintenant on entend un sportif en parler sur les réseaux ou à la télévision."

"J'ai ressenti une révolution"

Le tournant, la basketteuse Diandra Tchatchouang, sportive engagée depuis quelques années déjà, le situe clairement aux Etats-Unis avec l’adhésion de la NBA au mouvement Black Lives Matter : "Le mot est fort mais j'ai ressenti une révolution. On a l'impression que tous ces gens-là sont déconnectés et ne vivent pas sur la même planète que nous. Alors qu’eux aussi sont touchés par ces problèmes-là. Je pense que cela a permis de décomplexer la parole." Le statut des sportifs est en train de changer, confirme Richard Dacoury, ancien grand joueur, aujourd’hui vice-président du CSP : "Il y a trente ans, à mon époque, un sportif n'avait pas la possibilité de parler. C'était juste une boule de muscles et pas un cerveau. Aujourd'hui, les choses ont changé."

Malik Salemkour, le président de la Ligue des droits de l'Homme,est persuadé qu’utiliser la notoriété des champions va donner un grand coup d’accélérateur à la lutte contre le racisme : "C'est un bel exemple pour montrer comment les sportifs peuvent devenir et être pleinement citoyens". Aujourd’hui, la Ligue des Droits de l’Homme en est persuadée, la prise de parole enfin des sportifs est un mouvement de fond qui permettra de faire bouger les lignes également en France.

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