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Roland-Garros 2021 : un vent de jeunesse et de nouveauté souffle sur le tableau féminin

Le tableau féminin voit apparaître de nouvelles têtes prometteuses lors de cette édition 2021 des Internationaux de France. 

Article rédigé par Apolline Merle, franceinfo: sport
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
L'Américaine Cori Gauff s'est qualifiée pour son premier quart de finale en Grand Chelem, à Roland-Garros, le 7 juin 2021. (ROB PRANGE / SPAIN DPPI / AFP)

Le tableau féminin des quarts de finale à Roland-Garros a rarement été aussi jeune et inexpérimenté en Grand Chelem. Cette année, la quasi-totalité des quarts de finaliste n'a jamais atteint ce stade de la compétition.

La jeunesse au pouvoir

Une nouvelle vague de joueuses a pris le contrôle du tableau féminin de l'édition 2021 de Roland-Garros. Parmi les huit qualifiées pour les quarts de finale, sept sont âgées de moins de 26 ans, la plus jeune étant l'Américaine Cori Gauff (17 ans). Pour retrouver une telle jeunesse à ce stade d'un Grand Chelem, il faut remonter en 2012, à Wimbledon.

À Roland-Garros, il faut revenir un peu plus en arrière. Ce n’était plus arrivé depuis 2009 avec les Russes Dinara Safina, Maria Sharapova et Svetlana Kuznetsova, la Biélorusse Victoria Azarenka, la Slovaque Dominika Cibulková, la Roumaine Sorana Cîrstea et l'Australienne Samantha Stosur. Cette année, la doyenne des qualifiées est la Russe Anastasia Pavlyuchenkova, âgée de 29 ans. 

Les favorites au tapis

Avec ce vent de jeunesse, le top 10 a souffert de cette première semaine à Roland-Garros. Et pour cause, il ne reste qu'une seule survivante, la tenante du titre Iga Swiatek, numéro 9 mondiale et tête de série numéro 8. Derrière la Polonaise, la joueuse la mieux classée est la Grecque Maria Sakkari, 18e au classement WTA et tête de série numéro 17.

Viennent ensuite l'Américaine Cori Gauff (25e), la Russe Anastasia Pavlyuchenkova (32e), la Tchèque Barbora Krejcikova (33e), la Slovène Tamara Zidansek (85e). Cette dernière ainsi que Krejcikova sont les seules à ne pas être tête de série. Également en deuxième semaine, l'Espagnole Paula Badosa (35e) et la Kazakhstanaise Elena Rybakina (22e mondiale) ont quant à elles été éliminées mardi en huitièmes.

Si ces quarts de finale manquent de membres du top 20 ou de noms connus, le niveau des joueuses encore en lice est toutefois élevé selon Justine Henin, consultante de franceinfo: sport et vainqueure porte d'Auteuil en 2003, 2005, 2006 et 2007. "Je ne suis pas déçue des quarts, on voit des choses intéressantes. D'ailleurs, on l'a vu sur le premier quart avec l'exemple du match entre Tamara Zidansek et Paula Badosa, qui sont deux joueuses qui savent jouer sur terre, qui l'ont montré par leurs résultats passés et qui ont de l'audace. C'est bien de voir cette jeunesse un peu décomplexée, qui prend sa chance. C'est très positif pour le circuit."

Des joueuses inexpérimentées

Qui dit jeunesse, dit aussi peu d'expérience en Grand Chelem. Sur les huit joueuses encore en lice porte d'Auteuil, six disputent leur premier quart de finale à Roland-Garros et en Grand Chelem de manière générale. Il s'agit même d'un record, tous majeurs confondus.

Par le passé, lors des éditions 2001 et 1976 de Roland-Garros, cinq joueuses arrivées en quarts n'avaient jamais atteint ce stade de la compétition auparavant. Et pour la petite anecdote, d'après les calculs de Jeu, set et maths, à elles huit, "elles ont remporté 'seulement' 73 matchs à Roland-Garros, soit 31 de moins que Rafael Nadal a lui tout seul"

Roland-Garros, terreau fertile au changement ?

Mais pourquoi une telle instabilité sur le circuit féminin ? D'abord, parce que Roland-Garros est un tournoi à part. "C'est toujours à Roland-Garros qu'il y a le plus de surprises, constate Justine Henin. Cela reste une surface que beaucoup de joueuses ne maîtrisent pas et cela crée donc des possibilités pour certaines. On a souvent vu des favorites en difficulté, ici, à porte d'Auteuil, car je pense que beaucoup de filles jouent sur terre comme sur dur, et certaines arrivent donc à tirer leur épingle du jeu", analyse-t-elle.

Une surface qui ne réussit donc pas à tout le monde et où l'écart se resserre peut-être plus qu'ailleurs. "Les outsiders ont peut-être plus le temps de jouer, d'installer des choses et peut-être que mentalement aussi, une partie des joueuses qui brillent souvent sur dur se sentent moins à l'aise sur terre battue", estime Justine Henin. 

Avec cette instabilité de plus en plus présente dans le tableau féminin à Roland-Garros depuis plusieurs années, l'enjeu est donc de continuer à susciter l'intérêt du public. "C'est pour cela qu'il faut montrer ces joueuses, et derrière il faut qu'elles arrivent à confirmer. C'est la difficulté dans le tennis féminin, pour sa côte de popularité, c'est qu'il y a de l'instabilité et qu'on connaît seulement quelques noms, et encore. Je pense d'ailleurs que c'est plus difficile d'être sur le circuit aujourd'hui qu'il y a 10 ou 15 ans car il y a de plus en plus de joueuses qui ont élevé le niveau moyen du tennis féminin." 

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