JO de Tokyo : les prétendants au rôle de porte-drapeau de l'équipe de France expliquent leur choix

Les candidats en lice pour porter le drapeau français à Tokyo ont exprimé ce qu'être porte-drapeau signifie pour eux.
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France Télévisions
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Florent Manaudou, Clarisse Agbegnenou, Mélina Robert-Michon et Renaud Lavinellie sont candidats au rôle de porte-drapeau pour la cérémonie des JO de Tokyo.

Une femme et un homme porteront le drapeau tricolore lors des cérémonies d'ouverture des jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo cet été (23 juillet au 8 août). Douze athlètes olympiques se sont portés candidats. Parmi eux, sept femmes et cinq hommes, dont Clarisse Agbegnenou, Mélina Robert-Michon, Renaud Lavillenie et Florent Manaudou. Chez les Paralympiques, ils sont sept aspirants, dont Sandrine Martinet-Aurières, David Smetanine, Nantenin Keita et Stéphane Houdet.

Pour la cérémonie des jeux Olympiques : 

 Renaud Lavillenie (athlétisme) - 34 ans, champion olympique de saut à la perche aux JO 2012 et triple champion du monde en salle

"J’étais déjà représentant de ma fédération il y a quatre ans pour les JO de Rio. La question d'être élu porte-drapeau ne s’est alors pas posée, tant Teddy Riner était le candidat idéal. Désormais, j'ai encore plus d’expérience et la pression du résultat en moins, car j'ai déjà tout ce qu'il faut derrière moi. Pouvoir diriger l'équipe de France vers toujours plus de succès et la préparer pour Paris 2024 peut être une magnifique récompense. La nouvelle règle du duo enlève un poids et a surtout plus de sens. Cela évite de devoir prendre des décisions qui sont parfois très difficiles. Surtout, ça permettra d'échanger les rôles et de se simplifier la tâche."

Renaud Lavillenie a remporté son 10e titre de champion de France en septembre 2020 (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Mélina Robert-Michon (athlétisme) - 41 ans, vice-médaillée olympique en lancer de disque aux JO 2016

"Lors de mes premiers Jeux, à Sydney, David Douillet était le porte-drapeau de l'équipe de France. Pour moi, ce rôle me paraissait inaccessible. Récemment encore, je ne me sentais pas forcément légitime pour ça. Jamais je n'aurais pu imaginer pouvoir être candidate à mon tour un jour. Les jeux de Tokyo seront mes sixième JO. J'ai mis du temps pour avoir une médaille, mais j’ai envie de montrer qu’il y a pas de parcours tout tracé. Être désignée porte-drapeau serait un joli clin d’œil par rapport à toutes ces années. Le fait de représenter une discipline qui n'est pas forcément très médiatisée me donne encore plus envie de mettre en avant tout ça. Les valeurs olympiques m’ont accompagnée pendant toute ma carrière. Je ne changerai pas celle que je suis pour aller chercher ce poste là."

Mélina Robert-Michon aux mondiaux de Doha en octobre 2020 (STEPHANE KEMPINAIRE / KMSP)

Florent Manaudou (natation) -  30 ans, champion olympique aux JO 2012 

"Ce serait une fierté de porter le drapeau après deux olympiades. En plus, être en binôme avec une femme pour la première fois, je trouve ça génial. Le rôle de porte-drapeau est d'unifier, de porter des valeurs et utiliser ses expériences de haut-niveau pour guider les autres athlètes. Cette expérience, je l'ai puisque Tokyo vont être mes troisièmes Jeux : j'ai déjà vécu des moments de gloire et de doutes. Par ailleurs, j'ai 30 ans et outre 2024 je ne vais pas vivre beaucoup d'autres Jeux donc je voudrais en profiter au maximum. J'ai privilégié le sportif auparavant dans ma vie et maintenant je veux vivre les JO de A à Z."

Clarisse Agbegnenou (judo) - 28 ans, vice-championne olympique aux JO 2016

"J'ai pu assister à la cérémonie d'ouverture des jeux de Rio. Ça a été un moment magique et j'en garde de merveilleux souvenirs. A Tokyo, j'aimerais cette fois-ci être au premier rang. Cela fait un moment que j'espère être porte-drapeau. Aux Jeux européens, j'avais eu la chance d'occuper ce rôle et ça m'avait tenu aux tripes. J'aime être la supportrice de tout le monde. Mon souhait serait d'emmener cette belle équipe de France chercher le plus de médailles possible, et qu'elle me porte elle aussi vers cette dernière médaille qui manque à mon palmarès."

Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste français, était l'invité de franceinfo vendredi 30 mars 2018. (FRANCEINFO)

Pour la cérémonie des jeux Paralympiques : 

Sandrine Martinet-Aurières (para judo) - 38 ans, médaillé d'or aux JO 2016 

"Être porte-drapeau serait un immense honneur et une grande reconnaissance de mon parcours. Ce sont mes derniers Jeux et l’objectif est de faire le doublé dans la catégorie des -48kgs. Si j'ai le bonheur de représenter tous mes camarades de l'équipe de France, ce serait le scénario rêvé. Dans cette optique d’équipe de France unifiée, j’espère vraiment qu’on pourra porter haut les couleurs de notre pays et que de très belles choses se passeront au sein de cette équipe. Ce serait un honneur de pouvoir représenter dignement tous mes petits camarades afin d'aller chercher les meilleures performances."

Sandrine Martinet-Aurières (en bleu) se défait de Ramona Brussig (en blanc) pour remporter son premier titre paralympique à Rio en 2016 (JENS BUTTNER / DPA)

 David Smetanine (para natation) - 46 ans, médaillé d'argent en 2016 et d'or en 2008 

"C'est un grand honneur que m'a fait ma fédération. J’ai rêvé d'occuper ce rôle toute ma vie. Je me sens aujourd’hui le courage et les épaules pour l'assumer. Il y a une responsabilité très importante dans ce rôle. J’ai reçu plein d’éloges au sujet de mon engagement au sein des institutions sportives nationales et internationales. Cette implication et mon envie de transmettre peuvent être un atout dans ma candidature. J’ai également la chance d’être multi-linguistique et j’ai également un grand respect pour la pop japonaise."

David Smetanine sur le podium des Jeux paralympiques de Londres en 2012 (PAUL ELLIS / AFP)

 Nantenin Keita (para athlétisme) - 36 ans, championne paralympique du 400 mètres aux JO 2016

"Je serais très honorée de représenter mon pays et d’avoir toute une équipe derrière moi. Ce serait aussi l'occasion de valoriser certains athlètes moins médiatisés ou peu connus, tout en créant une belle dynamique commune derrière un même drapeau. J'ai la chance d'avoir un papa artiste [Salif Keita est un chanteur malien mondialement connu]. J'écoute de la musique tout le temps et il y en a pour tous les goûts. C'est une passion que je souhaiterais partager avec toute l'équipe. La musique est un élément indispensable dans ma préparation de tous les jours, et encore plus pendant les compétitions."

Nantenin Keita décroche l'or aux Jeux paralympiques de Rio.  (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Stéphane Houdet (tennis fauteuil) - 50 ans, double champion olympique en double en 2008 et 2014, médaillé d'argent et de bronze en 2012

"La Fédération française de tennis m'a fait la surprise de me proposer comme candidat à ce rôle de porte-drapeau que j'envisage comme celui d'un capitaine multisports. J'adore le rôle de capitaine quand, dans notre sport individuel, on se retrouve à jouer en équipe [en Coupe Davis, la Coupe du monde de tennis par équipe]. Être porte-drapeau, c'est se mettre au service des autres. Je suis très attaché aux couleurs du drapeau, à notre patrie et à l'idée globale de faire briller la France à l'international. Mon expérience devrait aider : ce seront mes quatrièmes Jeux. Je me souviens à quel point c'était difficile pour moi de dormir les premières nuits à Pékin. Mais aujourd'hui, je pense pouvoir à la fois prendre de la distance pour aider les autres et me concentrer sur ma performance, en gardant dans un coin de ma tête l'exemple incroyable de Teddy Riner, qui a porté le drapeau et gagné l'or olympique."

Le commerce mondial est inscrit au menu des discussions des prochaines heures entre le président français Emmanuel Macron et Donald Trump à Washington (ici, les deux hommes le 14 juillet 2017 à Paris). (ALAIN JOCARD / AFP)

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