JO 2021 : plus de 30 % des athlètes ont été testés contre le dopage pendant ces Jeux, indique Valérie Fourneyron

"Il y a vraiment un effort considérable qui est fait pour, non seulement tester plus, mais être plus intelligent sur le suivi des athlètes au long de la saison", assure la présidente de l'Autorité de contrôle indépendante du dopage.

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Valérie Fourneyron, présidente de l'Autorité de contrôle indépendante qui a été mise en place par l'Agence mondiale anti-dopage, le 10 janvier 2020. (FABRICE COFFRINI / AFP)

"Plus de 30 % des athlètes ont été testés" contre le dopage "pendant ces Jeux" olympiques, a indiqué dimanche 8 août sur franceinfo Valérie Fourneyron, présidente de l'Autorité de contrôle indépendante qui a été mise en place par l'Agence mondiale anti-dopage. "Un effort considérable est fait pour non seulement tester plus mais être plus intelligent sur le suivi des athlètes au long de la saison", explique-t-elle. 25 000 tests ont notamment été réalisés dans les six mois précédents les JO de Tokyo. L'ancienne ministre des Sports salue par ailleurs "des jeux historiques pour les sports collectifs français".

franceinfo : Peut-on être sûr que ces Jeux olympiques ont été propres ?

Valérie Fourneyron : Dans tous les cas, les efforts sont considérables pour améliorer la propreté du sport globalement et des Jeux olympiques. Pour la première fois, le CIO avait délégué à l'agence internationale que je préside l'ensemble du programme. Ce programme avait été démarré il y a plus de six mois. Il a concerné l'ensemble des pays, l'ensemble des athlètes. Juste une comparaison : à Rio, il y avait eu 1 500 contrôles faits un mois avec avant les Jeux. Là, il y en 25 000 sur les 33 disciplines six mois avant les Jeux. Pendant les Jeux, il y a plus de 30 % des athlètes qui ont été testés dans 169 pays. Donc, il y a vraiment un effort considérable qui est fait pour, non seulement tester plus, mais être plus intelligent sur le suivi des athlètes au long de la saison, pour avoir plus d'intelligence collective, plus prendre en compte les résultats des passeports biologiques, les résultats d'investigation, les résultats parfois de lanceurs d'alerte, etc. On travaille de façon de plus en plus performante pour que ces jeux soient propres. Il faut notamment des jeux propres pour l'ensemble des jeunes qui ont été frustrés pendant toute cette année Covid, tous les clubs qui ont souffert. Il faut qu'ils voient des jeux propres, comme l'illustre le message de Kevin Mayer qui était exceptionnel : oui, on peut y arriver sans se doper.

Que répondez-vous aux athlètes qui critiquent le retour dans ces JO d'athlètes qui avaient été sanctionnés pour dopage par le passé, notamment du Moldave Serghei Tarnovschi qui a été médaillé en kayak ?

Il y a un code mondial. Il y a des règles. Quand ils sont attrapés par la patrouille, ils sont sanctionnés.

"Ils ont droit aussi à une deuxième chance et à un suivi qui, je peux vous l'assurer, est très spécifique afin qu'il n'y ait pas une deuxième erreur."

Valérie Fourneyron, présidente de l'Autorité de contrôle indépendante du dopage

à franceinfo

Les athlètes, quand ils récidivent, peuvent être suspendus pendant huit ans, c’est-à-dire que leur carrière est finie. Il y a dans le code mondial antidopage des règles en fonction de la substance. Pour les substances les plus sévères en matière de dopage les sanctions tombent, elles sont de quatre ans et ces sanctions peuvent être doublées lorsqu'il y a des récidives. Quand les athlètes sont sanctionnés, il faut évidemment que la sanction soit appliquée, ça a été le cas pour les athlètes russes et ça a été le cas pour le Moldave, même si on comprend toujours la frustration des athlètes qui sont derrière.

Vous étiez ministre des Sports pendant les JO de Londres en 2012, on avait alors glané 35 médailles, puis 42 médailles à Rio il y a cinq ans, cette année la France obtient 33 médailles. C'est un bilan qu'on peut qualifier de mitigé ?

Non je crois qu'il ne faut pas dire ça, il n'y a pas simplement que le nombre de médailles qui comptent, il y a aussi la façon dont les médailles sont acquises. Ces jeux sont historiques pour les sports collectifs français, avec notamment l'or du volley-ball masculin, avec le travail exceptionnel fait par Laurent Tillie derrière ce collectif de folie, comme on l'a appelé. On a eu beaucoup de plaisir à voir les titres de volley-ball, de hand, du rugby à 7 féminin, des médailles qui ont été obtenues un peu différemment des autres Jeux Olympiques, alors que des médailles tombent d'habitude plus en natation, en athlétisme, elles ont été moins nombreuses. On a envie de retenir les médailles en collectif. On a envie de retenir aussi qu'il va falloir élargir un peu la base, c'est à dire aller chercher des médailles dans les nouvelles disciplines des Jeux.

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