Les Jeux Olympiques de Tokyo 2021
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Chloé Trespeuch, nouveau sourire bleu

Le clan tricolore est passé par toutes les émotions dans l’Extreme Park de Rosa Khutor. De la tristesse de Déborah Anthonioz, qui a vécu ses derniers JO sans pouvoir accéder à la finale, au sourire et à la joie de la jeune génération, symbolisée par Chloé Trespeuch, médaillée de bronze inattendue, le snowboardcross français a vu une page se tourner.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 3 min.
La snowboardeuse Chloé Trespeuch dans les bras de son frère Léo

Rosa Khutor, un nom barbare pour un lieu, devenu le théâtre du "plus jour de la vie" de la jeune Chloé Trespeuch. Celui de son éclosion aux yeux du grand public. L’Extreme Park a également été le cimetière des illusions de Déborah Anthonioz. Retour sur une journée où les bleus à l’âme et au corps ont laissé place à un ciel sans nuage, un grand Bleu.

Les larmes d’Anthonioz

En 2010 à Vancouver, elle affichait son sourire sur la deuxième marche du podium du boardercross. Quatre ans plus tard, il a disparu pour laisser place à une tristesse infinie. Déborah Anthonioz venait à Sotchi pour refaire un coup, comme au Canada. Mais cette fois, son chemin s’est arrêté aux portes des demi-finales. Quatrième de son quart de finale, la plus mauvaise place, elle comprend que pour elle, les JO sont terminés. Une désillusion sur laquelle elle avait du mal à mettre des mots. "Je ne suis pas très bien là tout de suite, je ne sais pas trop quoi vous dire. J’ai du mal à réaliser que ça s’arrête là".

Sa course ? "Je prends un mauvais départ, je n’y crois pas suffisamment. Je me laisse impressionner". Des phrases courtes et l’émotion qui monte doucement. Mais sûrement. Elle arrive quand même à avancer des explications. "Je n’ai pas fait beaucoup de run cette année, je reviens d’une longue blessure. Je manque de compétition". "Ce n’est pas tous les jours la fête", conclut-elle avant de fondre en larmes, consolée par le préparateur physique de l’équipe de France.

Heureusement Trespeuch

La malchance va poursuivre le clan français puisque Charlotte Bankes, pourtant en tête de son quart de finale et 5e temps des qualifications du matin va chuter, elle aussi. "Je suis déçue c’est sûr, surtout que j’étais en tête, mais c’est le boarder", assure-t-elle, fataliste après la course. Pendant que Bankes passe devant les journalistes, elle remonte en moto neige vers le point de départ de sa demi-finale. Cette grande blonde d’1m76, c’est Chloé Trespeuch. C’est elle que les quelques drapeaux tricolores présents dans les tribunes encouragent. C’est elle aussi qui va faire tourner dans le bon sens la journée du snowboardcross français.

Deuxième de sa demi-finale, elle va créer la surprise en finale. Bien placée derrière l’intouchable Eva Semkova, elle joue une médaille jusqu’à la mi-course où elle commet une erreur qui la fait rétrograder. Le public tricolore qui suit ça sur écran géant peste, déchante. Mais surprise, qui surgit en troisième position après le dernier saut derrière la Slovaque et la Canadienne Dominique Maltais ? Chloé Trespeuch. "Ca été une finale un peu compliquée. Je prends un bon départ, puis je fais une grosse erreur. Je garde espoir, je m’accroche et je profite d'une chute devant moi pour aller chercher la finale. C’est le plus beau jour de ma vie", sourit-elle devant les médias.

Médaille collective

Dans les tribunes, c’est l’explosion. Les cloches de Val-Thorens, où elle vit, retentissent. Son père, ainsi que sa famille, présente en nombre, peuvent exulter. "C’est une grande fierté, une belle médaille pour la France et la Vendée. Peu de coureurs viennent de là-bas non ? », glisse-t-il. « On avait dit que si Chloé allait aux JO, on essaierait d’y aller", commente la cousine Maud. Ils ont bravé les lourdeurs logistiques pour vivre ce moment. Les banderoles confectionnées et les bonnets brodés « Chloé » et cousus par des "mamies parisiennes" sont de sortie. "On aurait été content même si elle n’avait rien fait mais là, c’est un moment très fort", précise Maud. Tout ce petit monde s’amasse derrière les barrières qui séparent le public des athlètes. La voilà, elle arrive. C’est son grand frère Léo qui lui tombe le premier dans les bras.

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