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Paris 2024 : skate et Jeux olympiques, une relation en pleine construction

Le skatepark de Pontoise a été le premier équipement mis aux couleurs du label "Terre de Jeux 2024", mi-mai. L'initiative permet de renforcer la nouvelle image olympique de la discipline.

Article rédigé par franceinfo: sport - Maël Russeau
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Le président du Comité d'organisation des JO 2024, Tony Estanguet, s'essaie au skateboard sur le site de Pontoise, le 19 mai 2022. (MAEL RUSSEAU / FRANCEINFO: SPORT)

Réaliser des figures en plein cœur de Paris sur l'historique place de la Concorde, voilà de quoi faire rêver de nombreux skateurs. Ils ne seront malheureusement qu'une poignée à en profiter fin juillet et début août 2024 lors des Jeux olympiques. Ce sport a fait son apparition au programme de la plus prestigieuse des compétitions seulement en 2021 à Tokyo. Mais la pratique ne bénéficie pas encore d'une image olympique. 

Le skatepark a été le premier équipement mis aux couleurs de "Terre de Jeux 2024", le label de Paris pour associer les territoires à l'événement. L'inauguration en grande pompe à Pontoise, mi-mai, s'est faite en présence de Tony Estanguet, président du Comité d'organisation des JO, Frédéric Sanaur, directeur général de l'Agence nationale du sport, et Stéphanie Von Euw, maire de la ville. 

Un sport encore additionnel

C'est en partie grâce à Tony Estanguet que le skateboard sera de nouveau présent dans la capitale en 2024. Avec le Comité d'organisation des Jeux, l'ancien céiste a eu le pouvoir de vie ou de mort sur l'avenir olympique de la discipline et a tranché pour son maintien en tant que sport additionnel. "Ça rajeunit l'offre", affirme-t-il. Cette volonté d'apporter de la nouveauté se retrouve également dans le choix du surf, du breakdance et de l'escalade.

Le skatepark de Pontoise mis aux couleurs du label "Terre de Jeux 2024". (PARIS 2024 / DR)

"J'ai presque envie de m'essayer au skate", s'amuse le triple champion olympique à Pontoise, quelques minutes avant de finalement monter sur la planche. "Il n'y a rien à dire, il a toutes les bases", commente Juan Renoux, champion d'Ile-de-France de bowl. 

La discipline semble séduire les jeunes. Les enfants de l'école Jean-Moulin, sourire vissé aux lèvres, ne diront pas le contraire après leur initiation en début de matinée. "C'était bien, mais c'était dur", souffle Selena, élève de CE1 qui a envie de revenir. Le skate et l'olympisme sont liés aux yeux de ces jeunes qui ont ce jour-là la chance de pouvoir toucher la si précieuse médaille d'or olympique rapportée par Tony Estanguet de Londres. 

Les élèves de l'école Jean-Moulin admirent la médaille d'or olympique de Tony Estanguet. (MAEL RUSSEAU / FRANCEINFO: SPORT)

L'association entre la planche aux quatre roues et les cinq anneaux n'est en revanche pas spontanée pour le plus grand nombre. Le mariage n'était même pas évident de prime abord pour les adeptes, entre une pratique underground avec ses propres codes, et l'universalisme des Jeux. La crainte d'une uniformisation et d'une disparition progressive de la "culture skate" inquiétait les pratiquants. "Avant d'être un sport, c'est un art, une expression", explique Edouard Damestoy, champion du monde de vert' en 2019.

Une pétition avait même été lancée au milieu des années 2010 pour que le sport ne soit pas présent aux JO. "Nous pensons que l'engagement olympique changera à jamais le visage du skateboard, sa singularité et ses libertés", est-il écrit dans ce texte signé par un peu plus de 7 500 personnes.

L'expérience de Tokyo semble néanmoins avoir rassuré quelques sceptiques. "On se rend compte que le skate n’a pas été dénaturé par les JO et qu’il a connu un énorme 'boost' économique", estime Edouard Damestoy. Mathias Thomer, vice-président de la Ligue Ile-de-France et présent au Japon en tant que coach adjoint, confirme : "Il y a une grosse augmentation du nombre de licenciés."

Juan Renoux s'essayant sur le skatepark de Pontoise, désormais aux couleurs du label "Terre de Jeux 2024. (MAËL RUSSEAU / FRANCEINFO: SPORT)

Au-delà des chiffres, ce sport en pleine olympisation et démocratisation souhaite toujours garder son esprit singulier. Symbole de cette mentalité, à peine la cérémonie de Pontoise terminée, Juan Renoux et ses compères préfèrent attraper leur planche pour rouler sur le revêtement flambant neuf plutôt que de se rendre au verre de l'amitié organisé après le départ des écoliers. 

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