Paris 2024 : à 100 jours des Jeux olympiques, comment les athlètes préparent-ils la dernière ligne droite ?

Une soixantaine d'athlètes français sont déjà qualifiés pour les Jeux de Paris, tandis que d'autres tentent encore de décrocher leur billet olympique. A 100 jours de l'événement, le compte à rebours est lancé.
Article rédigé par Apolline Merle
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 5 min
Les anneaux olympiques installés sur l'esplanade du Trocadéro, près de la tour Eiffel, après la nomination de Paris comme hôte des JO 2024, le 14 septembre 2017. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Vie(s) d'athlète

La dernière ligne droite est lancée. A 100 jours des Jeux de Paris, les athlètes français doivent composer entre objectif de qualification et dernier axe de préparation olympique. Selon les disciplines et les calendriers, le dernier sprint peut avoir des visages très différents. Déjà qualifié, le champion du monde 2022 de Laser (voile), Jean-Baptiste Bernaz, veut aller au bout de sa préparation avec un seul mot d'ordre : "l'attaque".

"L'idée est vraiment de repousser les limites. On essaie jusqu'au bout de progresser. Une fois la Coupe du monde terminée en avril, on va camper à Marseille pour prendre le plus d'informations possible pendant les trois mois avant les JO. Cela viendra conclure notre préparation", témoigne celui qui ne veut "ressentir aucun regret".

Même son de cloche auprès de Julien Bontemps, entraîneur de l'équipe de France de planche à voile. "Il faut rester focus sur les axes de travail qu'il nous reste à effectuer, être bien conscient de ses points forts et de ses points faibles et être concentré sur la flotte olympique, qui ne sera pas la même que celle des championnats du monde", appuie-t-il. 

"Ce que l'on va chercher à faire d'ici au jour J, c'est de monter nos curseurs de performance partout, afin de sublimer nos points forts, tout en réalisant un 'check-up' des points plus faibles à travailler."

Julien Bontemps, entraîneur de l'équipe de France de planche à voile

à franceinfo: sport

Avoir déjà son billet en poche permet en effet aux athlètes d'orienter leur préparation sur les Jeux, et non sur la qualification. "Un avantage", assure la kayakiste Camille Prigent, qualifiée en slalom et en cross. "Cela nous a permis d'établir une préparation spécifique. On essaye d'optimiser pour continuer à progresser au maximum jusqu'à l'échéance, avant d'avoir un petit moment de repos et d'entamer la préparation terminale de juillet", explique-t-elle.

Gestion du pic de forme

Cette préparation spécifique passe aussi par la gestion des différentes phases d'entraînement, sans avoir besoin de précipiter l'arrivée de résultats. "Par moments, c'est assez dur d'accepter que je n'ai pas de bonnes sensations sur l'eau parce que, justement, on travaille beaucoup le physique, mais je sais que cela va payer dans quelques mois", assure Camille Prigent.

"Cela ne sert à rien d'être prêt en mars, car on ne peut pas tenir son pic de forme jusqu'en juillet. On va monter petit à petit."

Camille Prigent, kayakiste

à franceinfo: sport

De la même manière, la gestion du pic de forme est un paramètre essentiel à anticiper pour les athlètes qui doivent encore aller chercher leur qualification. La pentathlète Elodie Clouvel doit actuellement gérer son calendrier, entre les premières Coupes du monde, qui s'enchaînent ce printemps, et l'après, si qualification il y a.

"Les stratégies sont différentes, car là, je me prépare pour être prête en Coupe du monde. Mais il est certain que j'aimerais avoir mon pic de forme ultime pour les Jeux. On a vraiment cela en tête avec mon équipe, pour être performante sur les différentes échéances. J'ai l'avantage de bien me connaître pour gérer cet élément", livre la vice-championne olympique à Rio en 2016.

Elodie Clouvel lors de l'épreuve d'escrime du pentathlon moderne, le 5 août 2021 aux Jeux olympiques de Tokyo. (MONTIGNY PHILIPPE / KMSP / AFP)

Dans son plan de préparation, elle a prévu d'alterner les périodes de compétition, de préparation et de repos. "J'ai toujours été dans la projection les années passées, et là, j'ai vraiment envie de savourer cette dernière ligne droite et toutes les compétitions qui vont venir, pour essayer de donner le maximum et d'être le mieux possible", confie encore Elodie Clouvel.

Des préparations individualisées

Malgré le compte à rebours du J-100, toutes les fédérations n'ont donc pas déclenché la dernière ligne droite. Au tir, l'ultime étape sera lancée une fois que tous les sélectionnés seront connus, le 9 juin. "Les semaines suivantes seront cruciales dans la préparation des athlètes et elles seront très individualisées, souligne Jérémy Monnier, entraîneur de l'équipe olympique de carabine. Il faudra monter en intensité doucement, afin de gérer la charge d'entraînement pour arriver sur un pic de forme au moment des Jeux." Un jeu d'équilibriste pour effectuer les derniers réglages sans se blesser.

Pour la kayakiste Manon Hostens, championne du monde en descente sprint, les prochaines semaines s'annoncent denses, entre une Coupe du monde en mai, un championnat d'Europe en juin et les championnats de France en juillet avant les Jeux en août. "On sort à peine de l'hiver et c'est à cette période que l'on fait un gros volume préparatoire, après avoir enchaîné les grosses séances de physique, cardio et technique. Donc, en ce moment, on rentre un peu dans le vif du sujet. C'est la période où la préparation se concrétise, où on va davantage sur les détails." Comprenez, une réduction du volume mais une augmentation d'intensité.

"La Coupe du monde et le championnat d'Europe vont nous permettre de nous régler lors d'une première confrontation internationale, pour valider ou non les stratégies choisies."

Manon Hostens, kayakiste

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"On va plutôt viser un pic de forme pour la Coupe du monde. Ces deux compétitions seront une répétition pour les Jeux olympiques. Ensuite, nous serons véritablement dans la dernière ligne droite jusqu'aux JO", poursuit Manon Hostens.

Le J-100 est aussi le moment d'un changement d'approche mentale. "Il faut passer de la notion d'entraînement, c'est-à-dire d'être excellent dans les bases, à la notion d'être conquérant, insiste Rémi Gaspard, directeur de la performance au sein de la fédération française de canoë-kayak. La réussite aux JO doit se saisir. Nous allons beaucoup travailler sur l'envie d'aller chercher cette réussite et la réalisation de la meilleure performance que l'on peut faire le jour J."

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