JO 2021 - Lutte : Koumba Larroque, la nouvelle guerrière de la lutte française

Double médaillée aux championnats du monde, la Française débute sa compétition mardi à Tokyo chez les moins de 68 kilos et compte bien monter sur le podium. 

Article rédigé par
Elias Lemercier - franceinfo: sport
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Koumba Larroque (ici en août 2017) vise une médaille olympique en lutte à Tokyo. (THOMAS SAMSON / AFP)

À seulement 22 ans, Koumba Larroque a déjà un sacré vécu en tant que lutteuse. Un parcours rempli de médailles mais aussi de déceptions et de coups durs.  Championne d'Europe en 2021 dans la catégorie des moins de 68kg, elle avait auparavant manqué presque deux années de compétition pour soigner une très vilaine fissure au ménisque. De retour au sommet de sa forme, elle vise désormais un seul métal à Tokyo : l'or.

Jeune prodige de la lutte libre

Née en Île-de-France, dans l'Essonne, Koumba Larroque s'est vite fait remarquer dans le monde de la lutte. Elle a remporté la médaille de bronze dans la catégorie des moins de 60 kg aux Jeux olympiques de la jeunesse de 2014 à Nankin, en Chine. Le début d'un règne dans les catégories jeunes : quatre médailles d'or en championnats d'Europe cadets, juniors et moins de 23 ans, et tout autant en championnats du monde. 

Ses débuts chez les professionnels sont très encourageants. Âgée seulement de 19 ans, elle décroche le bronze aux championnats du monde et d'Europe en 2017, puis l'argent aux championnats d'Europe l'année suivante. Des résultats très solides mais toujours trop justes pour décrocher l'or. "Je ne me satisfais que de l'or", avait-elle déclaré en 2020, montrant toute l'ambition que nourrit la lutteuse depuis son plus jeune âge.

24 octobre 2018 : le coup d'arrêt

Déterminée et ambitieuse, Koumba Larroque se lance dans les championnats du monde 2018 avec l'objectif de ramener un titre. Et, c'est un euphémisme, elle s'en donne les moyens. En finale, face à l'Ukrainienne Alla Cherkasova, la Française domine outrageusement la partie. Elle enchaîne les attaques et prend le large jusqu'à mener 6-0. On se demande alors comment le titre peut lui échapper.

Mais son rêve doré va s'effondrer en quelques secondes. Elle se laisse prendre aux jambes et son adversaire réussit à la bloquer au sol, puis la retourne une fois, deux fois.. dix fois ! Son visage se décompose. Visiblement touchée au genou droit, la Française se relève et termine le combat. Défaite 10-15, Koumba Larroque a vu la médaille d'or passer tout près de ses mains.

Koumba Larroque lors de sa finale aux championnats du monde de lutte, le 24 octobre 2018. (ATTILA KISBENEDEK / AFP)

Mais (mauvaise) surprise, elle apprend par la suite que son ménisque s'est fissuré lorsque l'Ukrainienne la tenait au sol. Passage par le billard obligatoire et dix mois d'arrêt nécessaires pour se remettre pleinement de la blessure. 

Une fissure du ménisque provoque évidemment une douleur intense au genou, comme des coups de couteau particulièrement aigus sur le côté ou l'arrière de l'articulation. Signe de son mental en acier, Koumba Larroque a terminé sa finale des championnats du monde malgré sa blessure et a même réussi l'exploit de marquer quatre points supplémentaires malgré ce ménisque fissuré.

"Les médecins voulaient m'arrêter, mais j'ai décidé de reprendre le match. J'ai continué malgré la blessure, je ne pouvais pas m'arrêter comme ça. Je l'ai payé le lendemain, je ne pouvais plus marcher. J'ai été rapatriée en France en fauteuil", raconte-t-elle dans une interview pour la Fédération française de lutte. Le genre d'histoire qui rendrait fiers les plus grands guerriers de l'antiquité. 

La consécration à Varsovie, le rêve à Tokyo

Après des mois et des mois de convalescence, de rééducation, de complications, Koumba Larroque a finalement décroché son premier grand titre en seniors aux championnats d'Europe de Varsovie en mars dernier. Une consécration pour une lutteuse qui, à seulement 22 ans, avait déjà vécu bon nombre de péripéties. 

Koumba Larroque, objectif Tokyo

Elle qui fêtera ses 23 ans peu après les JO, le 22 août, est arrivée à Tokyo avec un seul objectif : l'or olympique. Elle se lancera dans le grand bain mardi 2 août pour rêver encore plus grand et devenir la première française médaillée d'or en lutte.

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