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De "Pékin Express" à "Intervilles", ces jeux télé où la triche a pu faire partie du décor

L'animateur Christophe Dechavanne a relancé la polémique sur les petits arrangements dans les jeux télévisés pour aider les candidats à gagner... ou à perdre.

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France Télévisions
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L'animateur OIivier Chiabodo, le 24 juillet 1996, dans l'émission de TF1 "Intervilles". (SUREAU / TF1 / SIPA)

Et que le meilleur gagne ! Ou pas. L'affaire a éclaté il y a vingt ans, mais personne ne l'a oubliée. Un scandale de triche à "Intervilles" qui a terni la réputation de ce jeu télévisé très populaire. Ce n'est pourtant pas le seul à avoir été accusé ou soupçonné de triche et d'arrangements avec les règles pour favoriser certains  candidats. L'animateur Christophe Dechavanne l'a d'ailleurs reconnu, mardi 3 octobre sur RTL, sans mal. Franceinfo revient sur quelques scandales de tricherie du petit écran.

Un signe de la main dans "Intervilles"

Le 2 juillet 1997, le Puy-du-Fou défie Ancenis dans "Intervilles". Devant des millions de téléspectateurs, Olivier Chiabodo aide les Vendéens à gagner, en leur indiquant la bonne réponse (la troisième proposition) d'un discret signe de la main (les trois doigts levés). Dans un premier temps, l'animateur nie la triche, mais son employeur, TF1, ne l'entend pas de cette oreille et le licencie. 

L'affaire est même portée devant les prud'hommes, qui reconnaissent une "faute réelle et sérieuse" de la part d'Olivier Chiabodo, mais pas de "faute grave" comme le demande TF1. En 2006, Olivier Chiabodo est réintégré pour être licencié de nouveau en 2017.

L'animateur assure aujourd'hui que la triche était "régulière" dans cette émission et qu'il ne faisait "qu'exécuter les ordres dictés par la production". Olivier Chiabodo accuse Gérard Louvin, le producteur de l'émission. "C'est lui qui m'a demandé de favoriser le candidat du Puy du Fou", assure-t-il. "On trichait sans arrêt (...) il fallait tenir en haleine le spectateur", raconte encore Olivier Chiabodo au Parisien. Face à ces accusations, la chaîne a annoncé qu'elle allait engager "une action en dénonciation calomnieuse".

Un coup de pouce dans "La Roue de la fortune"

Entre 2006 à 2011, Christophe Dechavanne animait "La Roue de la fortune" sur TF1. L'animateur avoue bien volontiers qu'il aidait certains candidats à gagner. "Comme j'avais l'habitude, au bout d'un moment, de voir le rythme de cette p*** de roue, je savais, quand on la lançait, où elle allait à peu près, donc j'aidais le candidat en lui indiquant un peu", a-t-il révélé au micro des "Grosses Têtes" sur RTL, mardi. 

Et d'assumer : "Il m'est même arrivé de souffler la réponse en finale pour que le gars gagne une bagnole." "Je les conseillais, a-t-il renchéri vendredi Le Parisien. Je leur disais : 'Poussez la roue plutôt comme ça, sinon vous allez faire banqueroute.'"

Un bon conseil dans "Une Famille en or"

De 2007 à 2014, Christophe Dechavanne a aussi animé sur TF1 un autre jeu télé célèbre : "Une Famille en or". Et là aussi, il a aidé les candidats, confie-t-il au Parisien : "Je disais : 'Vous êtes sûrs d'une réponse pareille ? Attention...'"

L'animateur n'y voit pas de la triche, car tricher "suppose une dissimulation", "ce qui n'a jamais été mon cas", assure-t-il. "J'ai toujours été du côté des candidats, plaide-t-il. Et je suis super heureux quand l'un d'entre eux gagne."

Un champion protégé dans "Tout le monde veut prendre sa place" et "Les 12 coups de midi"

Certains jeux télévisés font en sorte que leur champion ait plus de chance de rester invaincu et ne soit pas éliminé par le premier concurrent venu. La productrice de "Tout le monde veut prendre sa place", sur France 2, Simone Halberstadt Harari, explique comment dans Le Parisien : "On favorise le champion, mais au vu de tout le monde puisque les joueurs ont le thème avant la deuxième manche et que le champion peut le choisir en finale."

"Je reconnais que j'ai des questionnaires sur mes domaines de prédilection, comme la littérature. Mais c'est le cas de tous les champions avant moi", abondait Christian Quesada, champion toute catégorie des "12 coups de midi" sur TF1 avec 192 victoires et 800 000 euros de gain accumulés en six mois de règne, qui expliquait les raisons de son exceptionnelle longévité en 2016 dans Le Parisien.

Des "consignes" secrètes dans "Pékin Express" ?

L'émission "Pékin Express", elle, s'est affranchie de ses propres règles, selon les révélations du Canard enchaîné en 2008. Dans le jeu de M6, dix équipes de deux candidats disposent d'un euro par jour et par personne pour accomplir une course de plusieurs milliers de kilomètres en auto-stop et gagner 100 000 euros. Pour manger, dormir et se déplacer, les concurrents ne peuvent compter que sur la générosité des habitants. En théorie.

Dans Le Canard enchaîné, deux anciens collaborateurs de Studio 89, qui produit l'émission, révèlent l'existence de "consignes éditoriales". Selon leurs dires, la production passe des "consignes" au cours du jeu afin d'aider certains candidats à gagner l'étape du jour ou d'en freiner d'autres, quitte à payer des automobilistes pour qu'ils les prennent en stop. A l'époque, M6 et Studio 89 avaient annoncé des poursuites en diffamation. Mais ni la chaîne ni la production n'ont mis leur menace à exécution. Et dix ans après, l'émission sera toujours à l'antenne.

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