"Tout devrait fonctionner comme ça, décalons tout !" : avec le couvre-feu, des théâtres ont avancé leurs représentations et le public suit

Pour les théâtres, la seule solution pour rester ouvert avec le couvre-feu est de faire débuter plus tôt les pièces. Des salles, en jauge Covid, font tout de même le plein. Reportage à Marseille.

Article rédigé par
Olivier Martocq - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Au théâtre de la Criée à Marseille, le 17 octobre 2020 (photo d'illustration). (VALERIE VREL / MAXPPP)

Les Français s’adaptent au couvre-feu. De nombreux théâtres, dans les zones où il est instauré depuis samedi, ont maintenu leurs programmations en changeant les horaires, et le public suit. À Marseille, le théâtre du Gymnase accueille pour trois soirées Kadoc, une pièce mise en scène par Jean-Michel Ribes et produite par le théâtre du Rond Point à Paris. Elle peut ainsi poursuivre sa tournée en France.

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Il commence à y avoir du monde vers 18h30, mardi 20 octobre, sur le parvis du théâtre marseillais. "Sept heures, c'est un peu tôt pour les personnes âgées", se plaint une spectatrice. Ce changement d’horaire ne lui plaît pas : "C’est quand même une atteinte à nos libertés, ils sont en train de bien nous museler."

Un théâtre plein en version Covid

Mais pour une autre spectatrice, il faut s’adapter au couvre-feu : "Tout devrait fonctionner comme ça, décalons tout !" Marie-Julie Amblard, la secrétaire générale du théâtre du Gymnase, peut souffler car la salle sera pleine. "La semaine dernière, il a fallu appeler notre public pour le prévenir du changement d'horaire", indique-t-elle.

On n'avait pas 36 solutions : soit on annulait la représentation, soit on avançait les horaires de programmation.

Marie-JulieAmblard, secrétaire générale du théâtre du Gymnase

Devant la scène, deux rangs de fauteuils sont recouverts d'un drap pour protéger les spectateurs des postillons, selon l'administration. Une précaution totalement stupide pour l'acteur Gilles Gaston-Dreyfus : "C’est une blague, peste-t-il. Les postillons font prendre des risques aux camarades, mais pas aux spectateurs, ce sont des raisons administratives."

Les réactions du public sont les mêmes. On les entend même sourire sous leur masque. Et ça nous conforte dans l'idée qu'il faut jouer et qu'il faut défendre ce théâtre dans ces conditions là parce que les gens en ont besoin et nous remercient.

Gilles Gaston-Dreyfus, acteur

La pièce Kadoc s'est jouée au théatre du Gymnase à guichets fermés en version Covid-19 : 190 places occupés au lieu de 300.

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