Le Conseil d'Etat se penche ce lundi sur la fermeture des cinémas et théâtres

Au total, neuf recours doivent être examinés par le Conseil d'Etat : ceux des représentants du cinéma, du théâtre et du cirque ainsi que les recours de plusieurs théâtres parisiens.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Rassemblement le 21 décembre 2020 organisé par la CGT Spectacle devant le Conseil d'Etat où les recours en référé-liberté contre la poursuite de l'interdiction de réouverture pour les lieux de spectacles sont examinés.  (NO?MIE COISSAC / HANS LUCAS)

Le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative, se penche ce lundi 21 décembre sur la fermeture des cinémas et théâtres, prolongée au moins jusqu'au 7 janvier pour lutter contre la pandémie mais contestée par les professionnels. Comme l'ont fait d'autres secteurs auparavant, les stations de ski par exemple, c'est par la voie du référé-liberté, une procédure d'urgence, que le monde de la culture a saisi la justice administrative pour attaquer la décision gouvernementale.

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Le Premier ministre Jean Castex avait annoncé le 10 décembre maintenir la fermeture des lieux culturels, malgré la fin du confinement le 15 décembre. Cela en raison de la pression épidémique et pour une durée indéterminée, au moins jusqu'au 7 janvier. Cette décision "a suscité la totale incompréhension de l'ensemble des acteurs du secteur", ont relevé plusieurs associations de cinéma, que ce soit des producteurs, des réalisateurs ou des distributeurs (ACID, API, ARP, FNCF, SCAM, UPC...), à l'origine de l'un des neuf recours.

Un "crève-coeur" pour le gouvernement

Le gouvernement a justifié la fermeture des cinémas et théâtres, "un crève-coeur", par la nécessité "d'éviter des morts évitables". "La situation épidémiologique est très dégradée" et "notre objectif est d'éviter les morts évitables, tout simplement", a déclaré le représentant du ministère de la Santé, Charles Touboul, promettant que la mesure pourra être levée "dès qu'une fenêtre se présentera pour rouvrir dans des conditions sanitaires satisfaisantes".

Dans ce contexte, le gouvernement fait "une balance" entre les impératifs sanitaires et "l'intérêt économique et social", a-t-il expliqué, assumant que ce raisonnement pouvait être "insupportable à entendre" pour les acteurs de la culture. Il a reconnu qu'aucune étude, "très difficiles à faire", ne prouvait que ces lieux étaient plus propices aux contaminations. Mais il a rappelé l'existence de "risques" malgré les protocoles sanitaires : présence de nombreuses personnes, dans des espaces clos, avec des contacts prolongés.

Incompréhension du monde de la culture

"Nous sommes tous viscéralement attachés à la culture" mais "il est des activités qu'on ne peut pas arrêter et d'autres qu'on peut suspendre, le moins longtemps possible", a-t-il assuré, glissant que les libertés en jeu pour la culture étaient "d'une autre nature que la liberté de culte", par exemple. "Toutes les activités de loisir, culture et sport, sont traitées de la même façon", a-t-il ajouté.

De leur côté, les professionnels de la culture ont répété leur incompréhension face à une décision qu'ils jugent discriminatoire, alors que les commerces non-essentiels et les lieux de culte ont rouvert, et attentatoire à la liberté d'expression et à la liberté du commerce. "C'est un choix économique qui est fait" sans être assumé publiquement, a dénoncé à l'audience le directeur du théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes, insistant sur "l'aspect thérapeutique du théâtre et du cinéma".

"Nous ne souhaitons pas mettre le public en risque", a ajouté le patron de la Fédération des cinémas, Richard Patry, mais "nous ne comprenons pas pourquoi on nous stigmatise : nous demandons à être traités comme les autres". Egalement auteur d'un recours, le chanteur Francis Lalanne s'est emporté, masque baissé sur le menton : "On peut aller faire la queue à la fromagerie, mais pas devant un théâtre ! La culture vaut-elle moins qu'un fromage ?"

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