Festival d'Avignon : Olivier Py, "triste et mélancolique" à l'idée de rendre sa veste de directeur, part "avec une sensation de devoir accompli"

Le dramaturge portugais Tiago Rodrigues prendra sa succession. 

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Olivier Py à la clôture du festival d'Avignon 2022. (HIELY CYRIL / MAXPPP)

Olivier Py rend son tablier de directeur du Festival d'Avignon après neuf ans à la tête de cet emblème de la culture. Invité ce vendredi sur France Inter, il s'est dit "triste et mélancolique" mais "avec une sensation de devoir accompli". Il décrit son successeur Tiago Rodrigues comme "un homme et un artiste qu'[il] admire". Le comédien, dramaturge et metteur en scène prolifique lègue au Portugais "la plus belle chose qui soit au monde", le Festival d'Avignon.

"Il faut tout lui donner, parce qu'il mérite tout, parce qu'il est unique, parce qu'il est une oasis de sens", insiste Olivier Py, convaincu que "c'est bien plus qu'une liste de spectacles". "C'est une communauté d'esprits qui se réunit pendant trois semaines pour croire encore que le monde est beau, pour créer des outils de combat, d'engagement, d'émerveillement, pour créer de l'espérance", ajoute-t-il.

L'amour du théâtre "engagé" et "populaire" 

Revendiquant les termes de théâtre "engagé" et "solidaire", Olivier Py ne cache pas sa fierté d'avoir mis sur le devant de la scène de "très nombreuses causes", à commencer par la culture, "la première des causes", mais aussi l'éducation, les droits des personnes LGBT ou encore ceux des migrants. "Ici et là ce qu'il se passe dans le monde résonne toujours à Avignon", affirme le metteur en scène.

>> Olivier Py directeur engagé et défenseur du "théâtre populaire" fait ses adieux au Festival d’Avignon

Le désormais ex-directeur aura défendu jusqu'au bout un "théâtre populaire" et exigent. "On est à ce festival pour 10 euros, en short et en tongs et on peut écouter les plus grands poèmes de l'humanité", résume-t-il avec passion. "Une grande partie de notre public n'est pas une élite, ce sont des profs et les profs sont des héros, heureusement qu'on le dit au Festival d'Avignon", poursuit-il.

Une page qui se tourne

Après "500 spectacles, 3 000 levés de rideaux", Olivier Py peine à se remémorer un seul et unique moment fort de sa carrière, tant il y en a, "c'est un véritable kaléidoscope dans ma tête", plaisante-t-il. "Ce festival a été pour moi beaucoup plus qu'une étape de ma carrière, ça a été la passion centrale de ma vie", témoigne-t-il. "J'ai consacré ma vie au théâtre public, au théâtre comme service public, et à l'idée que la culture doit être un service public, donc si j'ai la possibilité de continuer, je continuerai avec grand bonheur", indique le metteur en scène, concernant ses projets à venir, "une page blanche" qu'il qualifie de "magnifique".

Olivier Py promet d'ailleurs de revenir au Festival d'Avignon dès l'an prochain "comme simple spectateur". "Je serai là, avec tout le bonheur d'être là, mais sans les inquiétudes qui font les vicissitudes de la vie d'un directeur", savoure-t-il, avant de conclure : "Longue vie au festival !"

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