Olivier Py directeur engagé et défenseur du "théâtre populaire" fait ses adieux au Festival d’Avignon

Dernière scène pour le directeur du Festival d'Avignon Olivier Py. Après neuf années de bons et loyaux services, il a passé la main à son successeur le metteur en scène Tiago Rodrigues.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Le directeur du festival d'Avignon Olivier Py quitte ses fonctions après deux mandats. (NICOLAS TUCAT / AFP)

C’est un président ému qui a fait ses adieux à la prestigieuse manifestation théâtre qu’il accompagnait depuis déjà neuf ans. Olivier Py, dramaturge et comédien a passé le flambeau à son successeur le Portugais Tiago Rodrigues deux jours avant la clôture de la 76e édition. Dans une lettre d’adieux poignante lue à l’assemblée, il a rappelé son amour pour le festival. “C’était ma vie”, a-t-il confessé. 

Sous sa houlette, Avignon a connu des taux de fréquentation record. Plus de 95% en 2019 et 92% cette année. Des éditions ponctuées par des invités de renom, comme le Néerlandais Ivo van Hove en 2016 et sa réinterprétation à succès de la pièce Les Damnés, puis le russe Kirill Serebrennikov tête d’affiche 2022. L’ancien directeur de l’Odéon de Paris s’est toujours positionné comme un fervent défenseur du “théâtre du verbe” et “populaire”, en privilégiant des thèmes modernes au cœur des enjeux sociétaux comme l’écologie, le féminisme et les droits LGBT+. Tout en faisant la part belle à la jeunesse en invitant des nouveaux talents comme Jean Bellorini, Julien Gosselin, en introduisant les billets à 10 euros pour les moins de 26 ans et s'engageant pour faire rayonner le théâtre dans les écoles et les centres pénitenciers. 

Une présidence parfois critiquée

Le directeur n’a pas manqué de souligner au cours de cette cérémonie d’adieux son incompréhension face aux critiques qu’il a pu subir au cours de ses deux mandats. Des détracteurs avaient notamment reproché au comédien, de trop donner la priorité au politique dans sa programmation et n'avoir jamais nommé une femme pour l'ouverture du festival. “Garde la pureté de ton cœur quand les sempiternelles bêtises sur l'art élitiste, l'entre-soi, l'intellectualisme, ou l'institution te seront crachées au visage" a-t-il conseillé à son successeur. Pour la suite, Olivier Py reste encore très discret, “j’aimerais revenir à la direction d’un théâtre le long de l’année”, a-t-il confié à l’AFP. Une chose est sûre, le dramaturge n'est pas près de quitter les planches pour de bon. 

France 3 Provence-Alpes / S. Soualmia / M.-A. Peleran / P. Hervé

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