Avec "Squash" d'Andrew Payne, Robert Plagnol confirme la réussite de son théâtre virtuel sur internet

L’acteur, auteur et metteur en scène renouvelle l'inventivité de sa nouvelle expérience théâtrale, alors que le public hésite toujours à revenir dans les salles.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Pascal Lacoste et Nicolas Soulié dans "Squash" d'Andrew Payne sur directauthéâtre.com (2021). (DIMITRI KLOSOWSKI)

Pas question pour Robert Plagnol de concurrencer le spectacle vivant avec son invention née lors du premier confinement, pour suppléer la fermeture des salles en 2020. C’est la transmission en direct qui fait la différence, le privilège d’assister à une représentation unique de Squash d’Andrew Payne qui réunit les inscrits sur directauthéâtre.com chaque mardi et mercredi à 21h. Pour la première fois, deux comédiens, Pascal Lacoste et Nicolas Soulié, se prêtent à l’exercice avec au centre de la pièce le sexe et l’adultère : sulfureux.

Double écran

Ryan et Greg, collègues de travail et amis, discutent chaque jour via internet depuis leur bureau, quand l’un demande à l’autre de le couvrir pour tromper sa femme. Ryan introduit Greg dans ses mensonges et l’initie à son univers sexuel auquel son complice prend goût.

En double écran, Ryan et Greg échangent comme si nous étions les voyeurs de leurs conversations. Robert Plagnol a adapté la pièce d’Andrew Payne, jouée à deux sur scène, à son support, en visualisant ses personnages grâce à la visioconférence qu’ils utilisent eux-mêmes dans la pièce. Le lien du spectateur aux comédiens en devient nouveau, le gros plan aidant, et le décor minimaliste focalisant l’attention sur l’interprétation remarquable de Pascal Lacoste et Nicolas Soulié. Ils semblent l’un à côté de l’autre, alors qu'ils sont séparés dans des espaces respectifs, comme dans la pièce.

L'affiche de "Squash" "Squash" d'Andrew Payne mis en scène par Robert Plagnol sur directauthéâtre.com (2021). (DIRECTAUTHEATRE;COM)

Un autre théâtre

Contrairement à ce à quoi l'on pourrait s'attendre, l'image n’est pas statique, les comédiens évoluent devant la caméra, le cadre utilise la profondeur de champ et l’acrobatie de Ryan avec son fauteuil vaut le détour. L’insertion dans la pièce de deux séquences enregistrées valent également pour leur approche graphique pleine d'atmosphère, alors que la musique originale d'Amélie Nilles est au diapason. C’est une petite révolution qu’a créée Robert Plagnol, qui ne veut aucunement concurrencer la salle, ni la captation ou le théâtre filmé. Il crée autre chose, un rapport nouveau entre le texte et l’image, mais aussi dans le jeu des comédiens et dans la mise en scène. En cela, la transmission en direct est essentielle : chaque soir, les représentations sont nouvelles, inédites, en accord avec le spectacle vivant. La rencontre à la fin de la pièce avec les acteurs et le metteur en scène est aussi fructueuse dans les échanges.

Cette troisième pièce d’Andrew Payne portée sur scène par Robert Plagnol, après La Femme de ma vie et Une jolie robe, répond aux attentes d’un auteur qui se renouvelle à chaque texte. Il explore à chaque fois un monde et un ton différents, avec une prédilection pour des univers noirs et urbains très contemporains. Payne s’avère un fin observateur et interprète des rapports humains, ici l’amitié, la fidélité l’amour et le sexe. Une partie de Squash verbale qui mérite d’être jouée.

"Squash" de Andrew Payne
Mise en scène : Robert Plagnol
Avec Pascal Lacoste et Nicolas Soulié
Sur directautheatre.com

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