"Beaucoup de rôles féminins très forts" : trois questions à Albin Lewi, directeur artistique du festival Canneséries

La troisième édition du festival international consacré aux séries télévisées aura lieu du 9 au 14 octobre à Cannes. L'occasion de découvrir 10 séries du monde entier, sur la Croisette ou depuis chez soi.

Article rédigé par
Mélisande Queïnnec - franceinfo Culture
France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
La série "Red Light" dans cette troisième sélection de CanneSérie. (MAARTEN DE BOUW)

Pour sa troisième édition, le festival Canneséries a refait le pari de la diversité et, Covid oblige, propose des contenus digitaux. Dix séries sont en compétition, de la comédie au polar et au fantastique. Des créations qui émanent des quatre coins du globe et qui pourraient influencer les productions de demain. Trois questions à Albin Lewi, directeur artistique de ce festival 100% séries.

Franceinfo Culture : Pour sa troisième édition, CanneSéries propose un éventail de séries aux thématiques très diverses. Des tendances ressortent-elles tout de même de cette nouvelle sélection ?

Albin Lewi : C'est difficile d'établir une ligne directrice. Les séries se distinguent aujourd'hui par leur vivacité et une grande variété de genres. Canneséries reflète vraiment cet élan créateur. Notre sélection aborde tous les genres. On a des comédies, comme la comédie russe 257 Reasons to Live qui parle d'un sujet noir (le cancer, ndlr), de la science-fiction, des thrillers et notamment des références scandinaves, des séries françaises fantastiques... bref, un spectre vraiment très large.

La série "257 Reasons to Live" en compétition à CanneSéries. (257 REASONS TO LIVE /START)

Ce qui se détache, en revanche, c'est malheureusement une vision liée à l'état du monde : il y a un regard plutôt noir sur le monde en général. Avec des lueurs d'espoir, heureusement, mais les créateurs sont portés par ce qu'ils vivent. La plupart des séries ont été tournées avant le confinement, mais on pouvait noter cette tendance à délivrer un ressenti plutôt dans la noirceur. Même si la diversité des séries prime.

Cette orientation pourrait se confirmer pour les séries tournées après le confinement ?

On vit avec le virus, on vit avec la pandémie. Cette période de confinement a été source d'inventivité. On peut citer par exemple des séries tournées sur Zoom (application de conversations vidéo, ndlr), qui a permis à beaucoup de gens de garder le contact pendant cette période. Je suis sûr que les séries vont s'en inspirer et vont y trouver un nouvel élan.

Mais en France comme ailleurs, il y a aussi un retour à la vie. Beaucoup de séries et films ont été décalés, et des projets en attente ont été repris depuis la rentrée jusqu'à créer un embouteillage au niveau des tournages. Une quantité de nouveaux contenus vont ressortir de tout cela.

"Losing Alice" en compétition. (LOSING ALICE / Dori Media Darset)

Il y a en tout cas un parti pris artistique dans le fait de montrer ces nouvelles restrictions. Des scènes de rue, des scènes habituelles du monde extérieur sont impossibles à tourner sans masques. Donc forcément, certaines séries vont prendre le parti d'intégrer ces évènements dans leur récit. Les créateurs pourront ainsi choisir de s'inscrire dans une temporalité actuelle et de montrer tout cela à l'écran, ou au contraire de faire fi de toutes ces nouvelles règles sanitaires avec lesquelles nous vivons depuis quelques mois.

Comment votre sélection s'est-elle effectuée ?

Tout est parti d'un appel à projet. Depuis la première édition, le festival est vraiment monté en puissance jusqu'à atteindre une notoriété internationale. Le fait que ça se passe à Cannes, dans un lieu avec une portée prestigieuse fait que d'emblée, nous recevons beaucoup de séries de jeunes créateurs. La première édition a notamment été le théâtre de l'avant-première mondiale de Killing Eve, une série majeure aujourd'hui

Une chose à laquelle on tient beaucoup, c'est la représentation de la diversité. Il y a un long chemin à parcourir quant à la représentation de la diversité de couleurs de peau, orientations sexuelles, handicaps... En revanche, on remarquera qu'il y a beaucoup de rôles féminins très forts, et en terme de pourcentage, de créatrices.

La sélection montrera cette année des rôles féminins vraiment très importants. Le tri se fait naturellement, étape par étape. On reçoit environ 150 séries et de là, on fait des choix. Mais on ne fait pas de quotas, c'est la qualité des séries reçues qui motive cette sélection.

L'affiche de la troisième édition du festival. (CanneSéries)

Festival Canneséries, du 9 au 14 octobre 2020 en ligne et à Cannes (06). Informations et réservation : www.canneseries.com

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