Déconfinement : "Il va falloir petit à petit que même les grands sites puissent rouvrir", estime Stéphane Bern

L'animateur, chargé de la Mission patrimoine, estime jeudi 21 mai sur franceinfo qu'il est possible de respecter la distanciation physique dans les grands châteaux. 

Stéphane Bern, devant la Pyramide du Louvre, le 1er octobre 2019. 
Stéphane Bern, devant la Pyramide du Louvre, le 1er octobre 2019.  (DELPHINE GOLDSZTEJN / MAXPPP)

"Il va falloir petit à petit que même les grands sites puissent rouvrir" aux visiteurs, a déclaré ce jeudi 21 mai sur franceinfo Stéphane Bern, animateur radio et télé et chargé de la Mission patrimoine. Il regrette notamment que la plupart des grands châteaux n'aient pas encore eu l'autorisation d'ouvrir au public en ce pont de l'Ascension. Il lance un appel aux Français pour qu'ils aillent visiter les sites près de chez eux, et au président de la République car "le patrimoine ne doit pas être oublié".

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Stéphane Bern "regrette" notamment que seul le parc du Château de Chantilly soit accessible, "comme Versailles ou Fontainebleau". "Dans des grandes pièces comme celle de Chambord, on peut mettre 10 personnes en respectant les normes sanitaires de sécurité et la distance physique qui s'impose."

Je pense qu'il va falloir petit à petit que même les grands sites puissent rouvrir, puisque on peut très facilement être à son aise et respecter les règles de sécurité sanitaire dans les grands châteaux.Stéphane Bernà franceinfo

Le journaliste lance un appel aux Français pour qu’ils aillent d'ores et déjà visiter les petits sites qui ont rouvert avec le déconfinement. "Ce qui important c'est d'inciter nos compatriotes à aller retrouver la culture, l'histoire et tout ce qui est même littéraire. C'est la culture à portée de main, juste à côté de nous et surtout c'est relancer la machine économique. C'est un cercle vertueux en quelque sorte, parce que la culture, le patrimoine de proximité dope finalement l'économie locale et en même temps nous nourrit intellectuellement".

Un écosystème économique en danger

Pour celui qui promeut le mot-clé "Cet été je visite la France" sur les réseaux sociaux, visiter les sites français, c'est "un élan patriotique parce que ça aide beaucoup de gens, il va y avoir beaucoup de sites qui malheureusement ne vont pas pouvoir, alors que ce sont les visites qui les font vivre, sans visites, ils ne peuvent pas faire de travaux. C'est toute une chaîne de 500 000 emplois qu'on met gravement en danger, notamment les artisans d'art, les métiers d'art qui sont des auto-entrepreneurs. Je pense aussi aux guides conférenciers qui n'ont pas de travail si on ne visite pas les monuments."

Stéphane Bern en appelle aussi au gouvernement et au président de la République, "le patrimoine ne doit pas être oublié". Le journaliste raconte avoir participé à "une grande réunion avec tous les acteurs du patrimoine et le ministre de la Culture mardi 19 mai. On a tous dit que c'était très important de soutenir les propriétaires privés parce qu'ils ne peuvent pas faire de travaux et ne peuvent pas investir dès lors qu'il n'y a pas de visiteurs. C'est leur seule source de fonctionnement. Le gouvernement en a conscience et j'ai espoir que le président de la République prenne des positions fermes puisqu'il doit annoncer dans les prochaines semaines, la saison trois du 'Loto du patrimoine' pour ma mission. On va pouvoir annoncer les sites retenus, les 18 sites emblématiques en France qu'avec la Fondation du patrimoine nous allons aider cette année. Le président a conscience que le spectacle vivant, c'est une chose, mais que tout le monde culturel attend beaucoup de sa part."