Pollution au plomb après l'incendie de Notre-Dame : "Les autorités minimisent", selon l'association Robin des bois

Les résultats des dépistages effectués sur les enfants ne veulent "absolument rien dire", selon le porte-parole de l'association Robin des bois, qui a porté plainte.

Deux enfants ont dépassé le seuil de \"déclaration obligatoire de saturnisme\"n sur les 164 enfants dépistés après une exposition probable au plomb, selon l\'Agence régionale de santé.
Deux enfants ont dépassé le seuil de "déclaration obligatoire de saturnisme"n sur les 164 enfants dépistés après une exposition probable au plomb, selon l'Agence régionale de santé. (BENOIT HASSE / MAXPPP)

"Les autorités minimisent, noient, essaient d'étendre un parapluie, et se remuent depuis que des informations sont parues dans la presse", estime mardi 6 août Jacky Bonnemains. Le porte-parole de l’association Robin des bois, qui a déposé une plainte contre X pour mise en danger d'autrui après l'incendie de Notre-Dame de Paris et l'exposition probable au plomb d'habitants et d'écoliers autour de la cathédrale, réagit sur franceinfo alors que l'Agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France a révélé ce jour les résultats des dépistages.

Des conclusions "invraisemblables"

Sur les 164 enfants examinés, deux ont dépassé le seuil de "déclaration obligatoire de saturnisme" (au-delà de 50µg/l de sang) et 16 ont dépassé le "seuil de vigilance" (entre 25 et 50 µg/l de sang), d'après l'ARS. "Les parents dont les enfants approchent le seuil de vigilance nous appellent également. Le fait que les seuils soient atteints ou dépassés ne veut absolument pas dire que les autres enfants, qui sont en-dessous de ces seuils, échappent à toute pathologie", alerte le porte-parole de l'association.

"Cette histoire de seuil est invraisemblable, ajoute Jacky Bonnemains, le Haut conseil de la santé publique dit que le plomb est une substance 'sans seuil', et que toute absorption de plomb dans un organisme humain - et en particulier chez les enfants - représente un danger sanitaire important." 

Les autorités ont-elles manqué de réactivité ?

Le porte-parole assure que l'association a été contactée le 6 août par la famille du deuxième enfant, dont le taux de plomb est supérieur au seuil de "déclaration obligatoire de saturnisme". "Il va y avoir une enquête environnementale, explique Jacky Bonnemains. Ce jeune garçon faisait partie du centre de loisir rue Saint-Benoît, situé dans le 6e arrondissement, et fermé après les mesures de plomb dans la cour."

"Les autorités ont réagi très tard, les entreprises spécialisées dans l'assainissement des sites pollués par le plomb ont été contactées seulement le 10 juin, soit presque deux mois après l'incendie", s'étonne Jacky Bonnemains. La toiture de la cathédrale a brûlé dans la nuit du 15 au 16 avril, faisant fondre les quelques 400 tonnes de plomb qui recouvraient la charpente.