Pollution au plomb après l'incendie de Notre-Dame : 175 dépistages effectués sur des enfants, 18 dépassent les seuils de vigilance

L'ARS d'Île-de-France incite au dépistage, même si "l'impact sanitaire n'est pas majeur", selon son directeur.

La cathédrale Notre-Dame de Paris, trois mois après l\'incendie.
La cathédrale Notre-Dame de Paris, trois mois après l'incendie. (SIMON CARDONA / RADIO FRANCE)

Depuis l'incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris le 15 avril, "175 plombémies (mesures du taux de plomb présent dans le sang, ndlr) ont été effectuées sur des enfants, 18 dépassent les seuils de vigilance, dont deux de manière importante", révèle mardi 6 août sur franceinfo Aurélien Rousseau, directeur général de l'Agence régionale de santé d'Île-de-France.

Plus de quatre cents tonnes de plomb sont parties en fumée lors de l'incendie de Notre-Dame en avril, retombant aux alentours de la cathédrale sous forme de poussière. Certains riverains s'inquiètent de cette pollution. "Deux cas sont au-dessus du seuil de déclaration obligatoire (au-dessus de 50 µg par litre de sang), 16 cas se situent au niveau du seuil de vigilance, entre 25 et 50 µg par litre de sang", précise Aurélien Rousseau.

Deux dépassements importants des seuils de vigilance

Concernant les deux cas plus importants, l'ARS avait déjà communiqué sur le premier le 4 juin dernier. Il s'agit d'un "jeune enfant" qui habitait à proximité de Notre-Dame. "Nous avons depuis établi que la pollution n'était sans doute pas due à Notre-Dame, mais à son environnement dans son appartement", assure Aurélien Rousseau.

"Un nouveau cas est apparu dans une école. C'est un jeune garçon légèrement au-dessus du seuil. Sa plombémie a été prescrite le 31 juillet et les résultats sont arrivés ce mardi matin", explique le directeur de l'ARS d'Île-de-France. L'enfant faisait partie du centre de loisir situé rue Saint-Benoît, dans le 6e arrondissement, fermé depuis le 25 juillet après les mesures de plomb dans la cour.

Concernant les seize cas qui se situent au niveau du seuil de vigilance, "cela signifie que ces personnes vont être suivies par leur médecin traitant", précise Aurélien Rousseau, "nous avons également mis en place un centre de suivi spécifique, un centre antipoison qui entre en contact avec chacune des familles afin de suivre individuellement les cas".

Une enquête environnementale doit être effectuée. "Nous allons également renforcer l'incitation au dépistage dans toute cette zone de 300 mètres autour des points que nous avons identifiés dans la capitale où les relevés de plomb sont supérieurs à 5 000 µg par mètres carrés", explique Aurélien Rousseau.

Tous les parents seront destinataires individuellement d'un courrier, qui leur donnera les résultats dans l'école, ainsi que des préconisations de dépistage.Aurélien Rousseau, directeur général de l'ARS d'Île-de-France. à franceinfo

"L'impact sanitaire n'est pas majeur. En volume, l'immense majorité des cas est satisfaisante, conclut le directeur de l'ARS d'Île-de-France. Mais on va continuer à investiguer. Plus on va faire d'investigation, plus on va peut-être identifier de cas. Mais c'est à ce prix-là qu'on va s'assurer de la santé de nos concitoyens."