Notre-Dame de Paris : le projet d'aménagement "pose un vrai problème de respect du patrimoine et du monument", dénonce un historien

"On fait une espèce d'expérimentation sans respecter les aménagements de Viollet-le-Duc", dénonce sur franceinfo le journaliste et historien Didier Rykner.

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Radio France
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La cathédrale de Notre-Dame de Paris, le 4 octobre 2021. (SADAK SOUICI / LE PICTORIUM / MAXPPP)

À Notre-Dame de Paris, "on fait une espèce d'expérimentation sans respecter son caractère historique, sans respecter les aménagements de Viollet-le-Duc", a dénoncé mercredi 8 décembre sur franceinfo Didier Rykner, journaliste, historien de l'art et fondateur de magazine de presse en ligne latribunedelart.com, alors que l'archevêché de Paris présentera jeudi matin, devant la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture, son projet d’aménagement de la cathédrale, en cours de restauration. De nombreux changements apparaissent par rapport à ce qui existait avant l’incendie du 15 avril 2019.

Didier Rykner rappelle que la cathédrale de Paris "a été classée monument historique". Le projet d'aménagement "pose un vrai problème de respect du patrimoine et du monument". L'historien de l'art dénonce notamment l'arrivée d'œuvres d'art contemporain dans la cathédrale. "C'est un des aspects du projet que l'on ne connaît pas. Ce que l'on sait simplement, c'est qu'ils veulent mettre une œuvre d'art contemporain dans chacune des chapelles de la nef. Il y a un côté systématique qui est choquant". Il constate que l'on "se débarrasse de Viollet-le-Duc pour installer cet art contemporain."

Le ministère de la Culture doit jouer "son rôle de protection du patrimoine"

Didier Rykner reconnaît que le clergé "a le droit de décider certaines choses. Mais il y a quelque chose qui s'impose à eux, c'est l'histoire, c'est le monument". Selon lui, "le classement monument historique interdit théoriquement, sauf autorisation du ministère de la Culture, d'enlever les sculptures qui font partie de l'autel et qui sont donc immeuble par destination. Ils doivent avoir au moins le respect de ce qu'ont fait leurs aînés et surtout d'une certaine unité de cette cathédrale qu'ils veulent rompre". Il précise par ailleurs "qu'une grande partie du clergé parisien qui n'est pas du tout d'accord avec cela."

Didier Rykner, qui a signé une tribune sur latribunedelart.com et dans le Figaro, attend du ministère de la Culture qu'il "joue son rôle de protection du patrimoine."

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