Notre-Dame de Paris : en 2024, la cathédrale sera "plus lumineuse", assure le recteur, qui s'attend à devoir "réguler" les visiteurs

Monseigneur Patrick Chauvet est confiant pour une réouverture de la cathédrale au fidèles et aux visiteurs en 2024. 

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Radio France
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La cathédrale Notre-Dame de Paris, en mai 2020 (OLIVIER CORSAN / MAXPPP)

Monseigneur Patrick Chauvet, recteur de la cathédrale de Notre-Dame de Paris, a assuré jeudi 15 avril sur franceinfo que les visiteurs "ne reconnaîtront pas" la cathédrale après les travaux, car "elle sera plus lumineuse". Emmanuel Macron visite ce jeudi le chantier deux ans après l'incendie. Le recteur dit avoir "une bonne espérance" que les travaux à l’intérieur de l’édifice se terminent en 2024 "pour célébrer régulièrement la messe".

franceinfo : Une réouverture de Notre-Dame de Paris en 2024, cela vous parait possible ?

Mgr Patrick Chauvet : Quand j'interroge les architectes, ils me disent que c'est possible. Alors qu'est-ce que cela veut dire l’ouverture ? L’ouverture de la cathédrale, mais à l'intérieur, les travaux extérieurs ne seront sûrement pas achevés. Il va falloir même des années pour achever un tel chantier. Pour refaire les arcs-boutants, on m'avait dit qu'il y en avait pour dix ans. Le président nous avait dit, "je veux que la cathédrale soit rendue au culte", c'est-à-dire que l'archevêque de Paris et moi-même, nous puissions célébrer régulièrement la messe. J’ai une bonne espérance.

Et le retour des touristes ?

C’est une masse. Dix millions de personnes. Comment je vais accueillir ces 10 millions ? Il faut effectivement que l'intérieur soit complètement achevé. Je ne peux pas me permettre de faire entrer des gens s’il y a encore des échafaudages. L’idée, c'est qu'on puisse rentrer pour célébrer, mais aussi pour voir ce chef-d'œuvre. ll va falloir réguler un peu, au moins au départ, parce que cela fait deux ans que personne ne rentre dans cette cathédrale et tout le monde va vouloir visiter, ce que je comprends.

Quand on entre dans Notre-Dame de Paris aujourd’hui, qu’est-ce que l’on voit ?

Quand vous rentrez dans Notre-Dame de Paris, vous voyez une forêt d'échafaudages qui montent jusqu'aux voûtes. C’est très impressionnant. On a accès maintenant juste en dessous des voûtes, où l’on voit les dégâts de l'incendie. Même si elles n'ont pas été cassées, comme la grande voûte qui s'est écroulée à cause de la flèche, on voit qu'elles ont été abîmées. Donc, on est en train de les soutenir pour que pendant la reconstruction de l'ensemble, elles ne s'écroulent pas. Il n'y a plus de pierres qui tombent. Tout est réparé à peu près pour la restauration. Il va falloir sans doute consolider les autres voûtes, les refaire pour que tout l'ensemble soit beau. Quand on entrera dans la cathédrale en 2024, les gens ne reconnaîtront pas Notre-Dame de Paris. Elle sera plus lumineuse parce qu'on va retrouver la beauté de la pierre, la blancheur de la pierre. On va mettre des œuvres d'art qui vont être mis beaucoup plus en valeur.

Deux chapelles sur 24 ont déjà été rénovées. Que pensez-vous du résultat ?

Ce sont des chapelles qui sont superbes. C'était un de mes rêves que l’on puisse vraiment refaire toutes ces chapelles. Elles sont très abîmées par la pollution, mais aussi par des fuites d’eau. Donc il faut refaire les peintures. La chapelle Saint-Ferdinand a été abîmée aussi, mais le travail qui vient d'être fait est un travail minutieux. C’est de la dentelle pour refaire une chapelle comme cela et c'est de toute beauté. J’ai vu les deux chapelles, mais quand toutes les chapelles du déambulatoire seront faites, je peux vous assurer que cela sera de toute beauté.

La flèche sera reconstruite à l'identique. C'est le choix qui a été fait. Est-ce que cela veut dire qu'on va utiliser encore du plomb, le même qui a fondu pendant l'incendie ?

Le problème est délicat parce que naturellement, il ne faudrait peut-être pas qu’on reprenne le plomb. On l'a fait une fois, on ne va pas le faire deux fois. Il faut savoir quand même qu'aujourd'hui, toutes les toitures des monuments nationaux sont refaites avec du plomb parce que les architectes disent qu'il n'y a que le plomb aujourd'hui pour refaire de tels monuments. Il y a l'autre possibilité, c'est le zinc. Mais le zinc si vous êtes plombé, vous êtes aussi dézingué. Donc, de toute façon, il y a aussi, malheureusement, une pollution avec le zinc. Est-ce qu'ils auront le temps de trouver un autre matériau pour refaire cette toiture et cette flèche ?

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