Déboulonnage des statues controversées : une "vision de l'histoire totalement anachronique" pour Stéphane Bern

"Il faut expliquer, pas déboulonner" affirme Stéphane Bern. 

Stéphane Bernà la sortie de l\'Elysée lors d\'une réunion sur la reconstruction de la Cathédrale Notre-Dame, le 17  avril 2019 
Stéphane Bernà la sortie de l'Elysée lors d'une réunion sur la reconstruction de la Cathédrale Notre-Dame, le 17  avril 2019  (BENOIT DURAND / HANS LUCAS)

L'animateur Stéphane Bern qualifie de "vision de l'histoire totalement anachronique" le déboulonnage de statues de personnages liés à l'histoire de l'esclavage, dans un entretien aux quotidiens régionaux du groupe Ebra à paraître dimanche.

Dans la foulée des manifestations contre les inégalités raciales déclenchées par la mort de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai, de nombreuses statues de personnages historiques liés à l'esclavage ou la colonisation ont été déboulonnées ou vandalisées, aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde.

"Il faudrait peut-être s'intéresser d'abord à l'esclavage moderne"

Un geste "contre-productif et un peu stupide" pour l'animateur très populaire de l'émission de France 3 Secrets d'histoire.

"Il faut expliquer, pas déboulonner", juge-t-il, estimant qu'on ne peut pas "jauger nos ancêtres avec nos yeux d'aujourd'hui" et que "supprimer la statue va effacer l'histoire".

"Il faudrait peut-être s'intéresser d'abord à l'esclavage moderne, celui des Asiatiques retenus au Qatar pour construire des stades", ajoute l'animateur missionné depuis 2017 par l'Elysée sur les questions de patrimoine.

"C'est la loi !"

Il revient aussi sur la décision jeudi du président de la République de reconstruire à l'identique la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris, plutôt que d'opter pour le "geste architectural contemporain" envisagé un temps.

Restaurer à l'identique, "C'est la loi! Il faut restaurer dans l'état en vigueur lors du classement" au patrimoine de l'Unesco, insiste Stéphane Bern, ajoutant avoir "agacé" Emmanuel Macron sur ce sujet.