#FreeBritney : on vous explique l'affaire de la tutelle de Britney Spears qui demande sa levée devant la justice

La chanteuse de 39 ans a témoigné mercredi devant un tribunal de Los Angeles pour demander la levée de cette mesure qui l'oblige à consulter son père et une tutrice professionnelle pour l'essentiel de ses décisions.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min.
Des activistes du mouvement #FreeBritney protestent devant le tribunal de Los Angeles, pendant une audience concernant la tutelle de la chanteuse Britney Spears, le 27 avril 2021. (MATT WINKELMEYER / GETTY IMAGES)

Elle est sous tutelle depuis 2008. La popstar Britney Spears, 39 ans, a témoigné mercredi 23 juin devant le tribunal de Los Angeles (Etats-Unis) pour demander officiellement la levée de cette mesure. "Je pense vraiment que cette tutelle est abusive", a-t-elle lancé. "J'ai dit au monde que je suis heureuse et que je vais bien" mais "je suis traumatisée". Placée sous la responsabilité de son père en 2008, après une dépression, la chanteuse a exprimé sans équivoque son souhait de retrouver son autonomie. Franceinfo vous explique pourquoi la star des années 2000 doit se battre en justice pour retrouver son autonomie.

Replongeons-nous 23 ans en arrière. La France gagne la Coupe du monde et vote les 35 heures, Gerhard Schröder devient chancelier en Allemagne et l'affaire Monica Lewinsky secoue les Etats-Unis. C'est bon, vous situez ? A la radio, le tube du moment est chanté par une ado de 16 ans originaire du Mississippi.

Le monde découvre Britney Spears qui devient numéro 1 des ventes avec Baby One More Time et enchaîne les tubes : Oops!... I Did It Again, Crazy, I'm a Slave 4 U, Toxic ou encore Everytime. Au total, pendant ses cinq premières années de carrière, la chanteuse vend plus de 60 millions d'albums.

Mise sous tutelle pendant une dépression

La vie de la superstar dont le style d'écolière a conquis le monde alimente aussi la presse people : rupture avec Justin Timberlake, baiser langoureux avec Madonna aux MTV Music Awards, mariage express de 55 heures avec un ami d'enfance… Fin 2004, elle épouse le danseur Kevin Federline. Ensemble, ils ont deux enfants, avant de se séparer trois ans plus tard. La carrière musicale de Britney Spears marque une pause.

En février 2007, Britney Spears entre dans un salon de coiffure, s'empare d'une tondeuse et se rase le crâne, sous l'objectif des paparazzi qui la traquent sans répit. A la sortie, elle frappe les photographes à coups de parapluie. Elle est alors en plein divorce et Kevin Federline obtient la garde de leurs enfants. La chanteuse souffre de dépression et finit par suivre un traitement.

Hospitalisée en janvier 2008, après avoir refusé de laisser ses enfants à son ex-mari, Britney Spears est placée sous la tutelle de son père, Jamie Spears, dans des conditions strictes. Son tuteur est chargé de contrôler à la fois les finances de sa fille, mais aussi l'ensemble des décisions de sa vie personnelle. Depuis treize ans, la star ne dispose donc d'aucune autonomie. La tutelle a d'ailleurs été à plusieurs reprises prorogée par les tribunaux, sans que les raisons n'aient été rendues publiques, relève la BBC (en anglais).

#FreeBritney

Depuis quelques années, des fans de la chanteuse la soutiennent, dans un mouvement baptisé #FreeBritney (#LibérezBritney en français). Convaincus qu'elle est maintenue sous tutelle contre son gré et qu'elle envoie des appels à l'aide codés sur Instagram, ils organisent des manifestations pour demander la levée de cette tutelle. D'abord limité à ses plus fervents admirateurs, le mouvement a gagné en popularité en février, à la faveur du documentaire Framing Britney Spears, diffusé en France sur Amazon Prime.

La réalisatrice Samantha Stark y revient sur la carrière de la chanteuse, sa dépression, puis son placement sous tutelle. Déjà en 2016, le New York Times (en anglais) avait évoqué la radicalité de cette tutelle : "Ses achats les plus communs, comme une boisson chez Starbucks ou une chanson sur une plateforme de streaming sont consignés dans des documents judiciaires, dans le cadre du plan de sauvegarde de la fortune qu'elle a gagnée mais ne contrôle pas."

Des manifestants du mouvement #FreeBritney devant le tribunal de Los Angeles (Etats-Unis), le 23 juin 2021. (RICH FURY / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

En 2019, Jamie Spears perd néanmoins une partie de sa tutelle sur sa fille dont il devient le "cotuteur". Il renonce aux responsabilités concernant les décisions de la vie quotidienne de Britney Spears, mais reste responsable de sa fortune, estimée à 60 millions de dollars (un peu plus de 50 millions d'euros), selon Forbes. Une tutrice professionnelle est désignée pour gérer les décisions "personnelles" de la star.

En avril 2021, après treize ans de tutelle, les avocats de la chanteuse demandent à ce qu'elle puisse s'adresser directement à la juge en charge de son dossier. Une audience est fixée au mercredi 23 juin.

Devant le tribunal de Los Angeles, la chanteuse a détaillé les raisons pour lesquelles elle considérait depuis longtemps cette mesure "oppressive", rapportent le New York Times (article payant) et la BBC. Les deux médias anglophones font état des révélations glaçantes de Britney Spears : privée de tout libre-arbitre, elle devait notamment faire valider par son père l'identité des hommes avec lesquels elle pouvait avoir des rendez-vous, ou encore la couleur des placards de sa cuisine.

Empêchée d'avoir un enfant

Le magazine Variety (en anglais) a pu se procurer une partie des déclarations de la chanteuse. Elle évoque notamment la période où elle était en résidence à Las Vegas pour assurer des concerts : "Je travaillais sept jours sur sept, sans jour de repos. Si je n'allais pas à mes rendez-vous de 8 heures à 18 heures, je ne pouvais pas voir mes enfants ou mon compagnon", a-t-elle raconté. C'est la première fois que Britney Spears tient des propos aussi virulents en public sur sa situation.

"Je ne suis pas heureuse, je ne peux pas dormir. Je suis tellement en colère."

Britney Spears

au tribunal de Los Angeles

La chanteuse a par ailleurs assuré qu'on l'avait obligée à garder son stérilet, rapporte le New York Times (en anglais). En couple depuis près de cinq avec le danseur Sam Ashgari, elle a évoqué sa vie privée à l'audience : "Je veux pouvoir me marier et avoir un enfant", a-t-elle clamé, assurant "pleurer tous les jours". Elle a aussi déclaré au juge vouloir simplement chez le coiffeur ou faire une manucure librement, tout comme pouvoir rendre visite à ses amis qui habitent "à huit minutes", sans avoir besoin de l'autorisation de quiconque.

Son avocat commis d'office, Samuel Ingham, avait déjà affirmé devant le tribunal que la chanteuse avait "peur de son père". Elle a d'ailleurs critiqué lors de l'audience l'attitude de sa famille, dont son père :"Ma famille n'a rien fichu du tout. Je mérite d'avoir une vie." Dans une brève déclaration lue devant le tribunal, Jamie Spears a dit être "désolé de la voir dans une telle souffrance" et a affirmé qu'il aimait "beaucoup" sa fille. Le New York Times assure en outre qu'en vertu de cette tutelle, la chanteuse doit payer non seulement ses propres frais d'avocat, mais aussi ceux, considérables, des tuteurs qui contestent ses demandes devant le tribunal. Une nouvelle audience doit se tenir en juillet, précise le quotidien new-yorkais.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Musique

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.