Nantes : le Défenseur des droits ouvre une enquête après la disparition de Steve, le soir de la Fête de la musique

Le jeune homme de 24 ans n'a plus donné signe de vie depuis une opération policière controversée, dans la nuit du 21 au 22 juin.

Des manifestants rassemblés le long de la Loire à Nantes (Loire-Atlantique), le 21 juin 2019, dans l\'espoir de retrouver le jeune homme disparu lors de la Fête de la musique.
Des manifestants rassemblés le long de la Loire à Nantes (Loire-Atlantique), le 21 juin 2019, dans l'espoir de retrouver le jeune homme disparu lors de la Fête de la musique. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, annonce, mercredi 10 juillet, qu'il s'est "saisi d'office" pour enquêter sur la disparition d'un jeune homme qui n'a plus donné signe de vie depuis une opération de police controversée lors de la Fête de la musique à Nantes (Loire-Atlantique) deux semaines plus tôt. Steve Maia Caniço, 24 ans, n'a plus donné signe de vie depuis la nuit du 21 au 22 juin, durant laquelle il participait à une soirée techno en bord de Loire.

Vers 4h30 cette nuit-là, des échauffourées avaient éclaté entre participants et policiers, venus exiger l'arrêt de la musique. Certains jeunes affirment s'être retrouvés aveuglés dans un nuage de gaz lacrymogène alors que de nombreux fêtards étaient éméchés. Un mouvement de panique a suivi et plusieurs fêtards ont chuté dans le fleuve. Quatorze personnes avaient été repêchées dans la Loire par les secours durant la nuit.

"Cette opération a choqué"

Le parquet de Nantes a ouvert une information judiciaire sur la disparition du jeune homme, et l'Inspection générale de la police nationale a également été saisie pour enquêter sur les conditions de l'intervention policière. "Si le Défenseur des droits a décidé de s'auto-saisir avant même qu'il reçoive un signalement ou une demande d'enquête de la part des plaignants, c'est parce que cette opération a choqué", a déclaré à l'AFP Marianne Rostan, avocate qui a déposé la semaine dernière une plainte collective émanant de 85 personnes "pour mise en danger de la vie d'autrui et violences volontaires par personnes dépositaires de l'autorité publique". "Ce n'est pas seulement les personnes qui étaient sur place qui dénoncent les conditions de cette intervention. Il y a des associations, des députés, des autorités publiques, même des syndicats de police, qui s'élèvent pour dénoncer les conditions dans lesquelles cette intervention s'est déroulée", a-t-elle également souligné.