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Evadé de prison depuis huit mois, un rappeur nargue la police

Coco Tkt avait été condamné à sept ans de prison pour le braquage d'un bureau de poste. En cavale, il fait la promo de son album et dénonce le système pénitentiaire sur les réseaux sociaux.

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France Télévisions
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Le rappeur Coco Tkt dans le clip de sa chanson "Dieudonné", posté le 1er janvier 2014 sur YouTube. (COCO TKT/YOUTUBE)

"Ma cavale peut paraître stupide car il ne me restait que trois mois à tirer, mais j’avais peur de péter un câble, de frapper un surveillant ou de mourir." Coco Tkt (prononcer "t'inquiète"), rappeur condamné à sept ans de prison en 2006 pour le braquage d'un bureau de poste, s'est évadé en juin. Depuis, il nargue les autorités, raconte Rue89.

Une chaîne YouTube, des comptes Twitter, Facebook et Instagram… En cavale, Coco Tkt ne chôme pas. "Je ne suis pas sorti pour fumer du shit et baiser des meufs. Je me suis fait entendre, j’ai fait un disque et j’ai créé une marque de vêtements. En huit mois, j’ai prouvé que je pouvais et que je voulais me réinsérer." Il profite de sa liberté pour faire la promotion de son album et dénoncer ses conditions de détention ainsi que "l'hypocrisie" de l'administration pénitentiaire.

Dénoncer le système pénitentiaire

"Oui, c'est une manière de faire le buzz, mais tout en faisant passer mon message. L'administration pénitentiaire voulait ma peau, c'est pour ça que j'en suis là. A Châlons-en-Champagne, j'avais peur pour ma vie", explique-t-il au site. "En prison, tu fais ce que tu veux. (…) Les matons ne servent à rien. Ce sont eux qui font passer de la drogue et des portables. Je les ai humiliés." Notamment à Châteaudun (Eure-et-Loir), où il a tourné un clip de rap à leur insu. Une provocation de plus, témoignent les surveillants de la prison dans le JT de France 2.

Changer de prison n'a pas amélioré les choses, selon lui. "A mon arrivée [à Châlons], l’administration m’a proposé d’être une balance. J’ai refusé. Toutes les semaines, on retournait ma cellule. Les matons collaient leurs têtes contre la mienne. Me menaçaient de mort. Balançaient des insultes racistes pour me faire craquer."

En attendant, Coco Tkt, autoproclamé "nouveau phénomène du rap français", se balade à Paris, en province, affirme s'être fait plusieurs fois contrôler par la police, qui l'a laissé repartir. "Peut-être bien qu’elle sait tout ce que j’ai fait. Qu’elle me surveille. Et qu’elle attend de me voir faire un truc de ouf pour m’arrêter", croit savoir celui qui se filme kalachnikov à la main. "On peut dire 'fils de pute' en sortant des grandes phrases", dit-il, évoquant son album sorti fin novembre.

L'homme, qui a profité d'une permission pour ne jamais revenir, explique dans une vidéo ne pas être "fier" d'avoir commis un braquage à main armée. Mais croit savoir qu'un "tas de rappeurs connus aimeraient avoir (son) vécu pour leur crédibilité"Pour lui, certains films et séries "apprennent" aux gens à braquer et les télés françaises "font exprès" de les diffuser, "pour pousser certaines personnes à se faire de l'argent facile" et "remplir des prisons". Une "grande manipulation" de l'Etat, estime le rappeur.

Il dit se moquer de prendre une peine plus lourde. "Je ne sais pas comment ça va se finir", dit-il à Rue89. "Peut-être que je me ferai fumer, rattraper ou bien je me rendrai", confie Coco Tkt, qui apparaît au côté de Dieudonné dans une vidéo postée le 30 décembre et fait une "quenelle" devant la Ligue de défense juive, dans une chanson à la gloire de ce geste.

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