Clip "Pendre les blancs" : "C'est l'extrême droite qui en a fait la promotion", estime le président de SOS Racisme

Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a estimé, jeudi sur franceinfo, que si la "fachosphère" n'avait pas relayé ce clip, il serait passé très largement inaperçu.

Dominique Sopo, président de SOS Racisme, le 4 mai 2017, à Paris.
Dominique Sopo, président de SOS Racisme, le 4 mai 2017, à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

Pour Dominique Sopo, la polémique autour de "PLB", ce clip d'un rappeur inconnu qui parle de "pendre les Blancs", révèle "des crispations identitaires extrêmement fortes" en France. Le président de SOS Racisme réagissait jeudi 27 septembre sur franceinfo au tollé déclenché par le rappeur Nick Conrad. Le ministre de l'Intérieur a condamné le clip tourné à Noisy-Le-Grand, en Seine-Saint-Denis et le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, tandis que la maire de la commune a décidé de porter plainte. .

franceinfo : Certains crient au "racisme anti-Blanc" après la diffusion de ce clip. Est-ce que SOS Racisme peut reprendre ces termes ?

Dominique Sopo : Nous ne reprendrons jamais cette expression. Qu'il y ait des personnes qui soient racistes envers les Blancs, c'est assez banal de le dire. Le racisme n'a pas de couleur, n'a pas de frontière. (...) L'expression racisme anti-Blancs est une expression qui a été forgée par l'extrême droite, comme racisme anti-chrétiens ou racisme anti-Français (...) et qui consiste à expliquer qu'en France, le vrai racisme qui existerait ne serait pas le racisme que subiraient soi-disant les Noirs et les Arabes, mais serait le racisme dont les Noirs et les Arabes seraient porteurs envers les Blancs, principales victimes du racisme dans leur propre pays.

Ce clip serait instrumentalisé par l'extrême droite ?

Ce Nick Conrad est une personne totalement inconnue qui accède à une forme de célébrité parce que les réseaux d'extrême droite font en sorte d'agiter ce clip passé très largement inaperçu. Cette personne sur Twitter n'avait que 240 followers, il faut quand même le faire ! Si ce clip correspondait à un mouvement puissant dans la société, vous imaginez bien que sur Twitter et YouTube, il aurait eu du succès. Or aujourd'hui, qui a fait la promotion de cette personne ? C'est précisément l'extrême droite.

Cette polémique est-elle révélatrice des crispations dans notre société ?

Il existe du racisme envers les Blancs, bien évidemment. Il y a plus généralement dans notre société des crispations identitaires extrêmement fortes qui se montent en miroir. On remarquera que ce clip a été relayé par la fachosphère et a également été relayé par Dieudonné. Ceux qui jouent sur ces identités fermées sont dans des formes d'alliances objectives qui se nourrissent les unes les autres pour affaiblir l'espace du vivre ensemble. Quand j'entends M. Dupont-Aignan qui vient expliquer qu'il condamne toutes les formes de racisme, permettez-moi de sourire. Nous sommes là avec des personnes qui se saisissent de cette affaire non pas pour lutter contre le racisme, mais pour poser des constats d'impossibilité de vivre ensemble entre différentes parties de la population. Ce n'est pas cela l'antiracisme. L'antiracisme, c'est de condamner le racisme.