Choupette, la chatte de Karl Lagerfeld, peut-elle vraiment hériter d'une partie de sa fortune ?

"S'il m'arrive quelque chose, Choupette est mon héritière", avait affirmé Karl Lagerfeld en 2015. Voici ce qui est légalement possible. 

Karl Lagerfeld et un dessin de son chat Choupette à Berlin, le 3 février 2015. 
Karl Lagerfeld et un dessin de son chat Choupette à Berlin, le 3 février 2015.  (JENS KALAENE / DPA PICTURE-ALLIANCE / AFP)

Un chat devenu égérie d'une ligne de maquillage, star d'Instagram et propriétaire de plusieurs millions d'euros sur son compte en banque... Choupette, la chatte de Karl Lagerfeld, était la muse du couturier, mort mardi 19 février. "Choupette est le centre de mon monde", disait-il ainsi. Et il ne lésinait pas sur les moyens pour gâter son sacré de Birmanie : dans le livre Choupette, la vie enchantée d'un chat fashion, dont l'auteur n'est autre que Karl Lagerfeld lui-même, on apprend que le félin avait deux dames de compagnie, un garde du corps et prenait même ses repas à table avec son maître dans des plats en argent.

Surtout, Karl Lagerfeld avait exprimé le souhait de lui léguer une partie de sa fortune. "S'il m'arrive quelque chose, Choupette est mon héritière", avait révélé la star de la mode en 2015, sur le divan de Marc-Olivier Fogiel. Avec la disparition du couturier, la question est plus que jamais d'actualité : mais est-il légalement possible que Choupette hérite de la fortune de son maître ?

Le droit français n'autorise pas le legs aux animaux

Aussi fantasque soit Karl Lagerfeld, il n'est pas le premier millionnaire à avoir voulu transmettre sa fortune à son animal de compagnie. Ainsi Leona Helmsley, une milliardaire américaine, magnat de l'immobilier, a légué à sa mort, en 2007, 12 millions de dollars à son chien maltais Trouble, tout en excluant deux de ses petits-fils de son testament, rapporte le New York Times (en anglais). La millionnaire américaine Gail Posner, morte en 2010, a quant à elle légué trois millions de dollars de fonds de pension à son petit chihuahua, Conchita, souligne 20 minutes.

Toutefois, c'est le droit français qui devrait s'appliquer pour la succession de Karl Lagerfeld, qui était résident français. Sauf mention contraire, c'est en effet le droit du pays de résidence qui s'applique, indique Le Figaro. Or, la législation française interdit de désigner un animal comme héritier sur son testament. Bien que la loi précise que l'animal est "un être vivant doué de sensibilité", les animaux n'ont pas de personnalité et donc de capacité juridique. Dans le droit français, les animaux de compagnie sont soumis au régime des biens, comme le précise le cabinet d'avocats Jadde sur son site internet.

"La personne qui s'occupera d'elle ne sera pas dans la misère"

Mais tout n'est pas perdu pour Choupette. La chatte richissime pourrait en effet faire l'objet d'un legs avec charges. Karl Lagerfeld peut avoir légué une somme d'argent à une association ou à une personne qui devra prendre soin de l'animal jusqu'à son décès, précise le cabinet d'avocats Jadde. Dans la pratique, il est fréquent de prévoir qu'une association de protection des animaux soit désignée comme légataire pour assurer le futur de son animal.

Dans le cas de Karl Lagerfeld, il est probable qu'il ait désigné une personne physique comme le prochain propriétaire de l'animal, lui léguant ainsi de quoi assurer son luxueux niveau de vie. "La personne qui s'occupera d'elle ne sera pas dans la misère", avait d'ailleurs laissé entendre Karl Lagerfeld face à Marc-Olivier Fogiel. Quoi qu'il en soit, Choupette n'a pas à s'en faire. Karl Lagerfeld a expliqué plusieurs fois qu'il n'avait pas touché aux sommes rondelettes (plus de 3 millions d'euros, selon diverses sources) que Choupette aurait générées en participant à des publicités. "Choupette est une fille riche, assurait Karl Lagerfeld en 2015. Elle a sa propre petite fortune."