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Qui est Juana Martin, première couturière espagnole invitée de la semaine de la haute couture parisienne ?

Chaque saison, de nouvelles maisons intègrent le calendrier de la haute couture. Pour l'automne-hiver 2022-23, c'est la créatrice espagnole Juana Martin. Rencontre.

Article rédigé par Corinne Jeammet
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 4 min
La couturière espagnole Juana Martin dans son atelier à Cordoba en Espagne, le 14 juin 2022 (CRISTINA QUICLER / AFP)

La créatrice Juana Martin, nouveau membre invité de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, est la première femme espagnole à présenter ses créations lors de la semaine de la haute couture automne-hiver 2022-23, qui se tient du 4 au 7 juillet 2022, à Paris. 

Deux fois par an sont présentées les collections printemps-été et automne-hiver. La haute couture compte, cette saison, 12 membres labellisés, cinq griffes étrangères (correspondants) et 12 membres invités, soit 29 maisons inscrites au calendrier automne-hiver 2022-23 qui retrouvent le chemin des podiums. 

Domaine d'excellence, elle est destinée à une élite fortunée et demeure le fruit du travail des créateurs mais aussi de leurs précieux collaborateurs qui ont su transmettre des savoir-faire séculaires tout en innovant.

Portrait de la créatrice espagnole Juana Martin  (Courtesy of Juana Martin)

Juana Martin est l’une des créatrices de mode les plus polyvalentes d’Espagne, gagnant une reconnaissance internationale grâce à ses créations caractéristiques de l’essence du flamenco ou des techniques artisanales andalouses. L'actrice Rossy de Palma est l'un de ses modèles réguliers et des stars comme Sharon Stone ont porté ses créations.

Juana Martin a commencé sa carrière en 1999 dans sa ville natale de Cordoue. Son dernier défilé en Espagne remonte à 2018. Elle a, ensuite, fait défiler ses créations pendant les Fashions Weeks à Paris et présente depuis trois saisons consécutives. Ses collections dans le cadre de la semaine de la haute couture mais hors calendrier. Elle intègre ce dernier en tant que membre invité pour la saison automne-hiver 2022-23.

Franceinfo culture : Si Paco Rabanne, Loewe, Palomo Spain, Oteyza et Arturo Obegero défilent à la Paris Fashion Week, rares sont les maisons espagnoles (jadis Balenciaga et Josef Font) présentes à la semaine de la haute couture. Comment expliquer cet intérêt ?

Juana Martin
: Ce phénomène est expliqué par le travail, l’effort et la persévérance. Nous sommes, enfin, reconnus après tant d’années. Nous pouvons dévoiler au public l’essence et la philosophie de notre marque à Paris, capitale internationale de la mode.

Pourquoi en 2018 avez-vous délaissé les podiums espagnols pour les parisiens ?
J’ai quitté l’Espagne parce que j’avais besoin de nouveaux challenges et, surtout, d’exporter ma culture gitane et mes traditions espagnoles. En dehors de Paris, nous avons défilé, en effet, en Espagne, qu'à Madrid.

Vous êtes membre invité, cette saison. Comment avez-vous postulé ?
Je pense que tout a commencé lorsque la Fédération de la Haute Couture et de la Mode (FHCM) nous a remarqués à notre précédent défilé à l’Ambassade d’Espagne. Nous avions envie depuis très longtemps de postuler mais nous souhaitions être prêts. Je pense que cette année est la bonne : après le défilé de janvier 2022, nous avons échangé avec la FHCM et présenté notre dossier selon leurs critères d’adhésion.

Vous connaissez déjà les podiums parisiens puisque vous y défilez déjà mais hors calendrier. 
Je dois avouer que je suis nerveuse car c’est une grande responsabilité, très peu de maisons sont intégrées au calendrier de la semaine de la haute couture. Mais en même temps, je suis très excitée et honorée d’être la première femme espagnole et gitane à pourvoir y défiler.

L'Espagne est à l'honneur ce printemps : Dior a présenté sa collection croisière à Séville le 16 juin. Qu'apportent les podiums parisiens ? 
Paris est le cœur battant de la mode et de la haute couture où tout est question de savoir-faire et d’innovation et c’est très important pour réaliser des pièces signature dans la pure tradition. Nous espérons pouvoir, ainsi, continuer à affiner notre savoir-faire et à étendre notre activité sur un marché plus global.

En tant qu'Andalouse, vous revisitez les tenues traditionnelles du Flamenco et revendiquez vos racines gitanes ? 
Je suis une spécialiste de la couture et des robes Flamenco mais je fais également du prêt-à-porter. Toutes ces lignes sont inspirées de mes racines andalouses mais complètement réinventées dans un esprit plus contemporain, plus extrême. Le Flamenco est un art affirmé, il faut de la prestance et de la force pour le pratiquer. C’est ce que je véhicule à travers mes créations.

Volants, broderies, brocards, volumes et dentelles sont des éléments qui naissent de vos racines espagnoles et gitanes ?
Oui ! C’est exactement ça !

Vous privilégiez le made in Spain ? 
Bien sûr, le made in Spain est très important pour moi car c’est mon pays, ma culture. Je pense qu’il faut développer son business local et participer au développement de la confection espagnole.

Juana Martin printemps-été 2022, présenté en janvier 2022 à Paris  (YANNIS VLAMOS)

Quelles sont les sources d'inspiration de votre collection automne-hiver 2022-23, intitulée Andalousie, présentée le 7 juillet ?
Ma nouvelle collection est un hommage à l’Andalousie tout simplement. Pour moi, il était important pour ce premier défilé dans le calendrier de rendre directement hommage à l’histoire de cette région. Nous avons donc fusionné les savoir-faire des traditions ancestrales et l'innovation.

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