New York a renoué avec la Fashion Week, en attendant le gala du MET

Après une longue pause due à la pandémie, New York a retrouvé l'énergie des défilés physiques pour sa Fashion Week printemps-été 2022. Sur fond de crise sanitaire, les deux dernières éditions, en septembre 2020 et février 2021, avaient été dominées par les présentations et défilés virtuels.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Collina Strada printemps-été 2022 à la New York Fashion Week, le 7 septembre 2021 (ANDREW H. WALKER/SHUTTERSTOCK/SIPA / SHUTTERSTOCK)

Entre retours remarqués, comme Thom Browne ou Altuzarra, et décors emblématiques, la Fashion Week de New York printemps-été 2022, qui s'est achevée le 12 septembre, a renoué pour la première fois avec les défilés physiques après dix-huit mois de pause quasi totale en raison de la Covid-19. En voici quelques points forts.

Dis-moi où tu défiles

A New York - qui précède Londres, Milan et Paris -, les lieux emblématiques servent parfois d'écrin au défilé, comme l'Apollo Theater pour Tommy Hilfiger ou l'ambiance du Studio 54 pour Michael Kors en 2019. Après deux éditions dominées par les défilés virtuels, les créateurs ont profité de la richesse des décors offerts par la ville pour le retour du public. Ainsi, LaQuan Smith, l'une des figures parmi les créateurs noirs émergents, s'est offert le luxe d'un défilé à l'Empire State Building, jouant la carte du glamour et du sensuel, entre robes courtes et épaules dénudées.

Défilé LaQuan Smith printemps-été 2022 à la New York Fashion Week, le 9 septembre 2021 (CHARLES SYKES/AP/SIPA / SIPA)

Mais pour cette première Fashion Week renouant avec un peu de normalité, se faisait surtout sentir l'appel du vert et de la nature. Spectacle joyeusement désordonné dans un potager urbain pour Collina Strada, qui revendique une mode plus durable, avec beaucoup de matières recyclées, ou défilé plus classique pour Ulla Johnson, au jardin botanique de Brooklyn.

Collina Strada printemps-été 2022 à la New York Fashion Week, le 7 septembre 2021 (ANDREW H. WALKER/SHUTTERSTOCK/SIPA / SHUTTERSTOCK)

Le défilé Tory Burch s'est déroulé dans un décor reconstitué de marché aux fruits et fleurs, dans l'une des parties les plus chic de New York, Soho, juste devant une boutique de la créatrice. Entre des étals impeccables de pommes et des tables de bouquinistes, sa collection, hommage à la créatrice américaine Claire McCardell, célébrait comme à son habitude une femme élégante et déterminée.

Le conte musical de Thom Browne

Depuis plusieurs années, Thom Browne préfère Paris pour ses défilés. Mais cette fois, il a voulu faire un crochet par New York. Il a expliqué que c'était une manière de soutenir l'exposition sur la mode américaine (En Amérique : un lexique de la mode) qui a ouvert à l'Institut du costume du Metropolitan Museum of Art, et dont le commissaire, Andrew Bolton, est son compagnon. Pour cette collection printemps-été 2022, il a offert un conte musical, où chaque modèle, homme ou femme, était autant le personnage d'une histoire qu'un mannequin. Dans un jardin enchanté mais un peu inquiétant, avec un fond sonore de petite boîte à musique, un gris sobre à souvent dominé, sur des superpositions de manteau, veste, jupe et pantalon. Mais à cette sobriété de la couleur s'ajoutaient les fleurs peintes sur les visages ou accrochées aux cheveux.

Le retour d'Altuzarra

Parti aussi défiler à Paris où il a grandi, Joseph Altuzarra revenait également à New York, où son défilé, ouvert par la star Gigi Hadid, a fait la part belle aux ornements de fleurs et aux colliers de dentelle. "Je voulais faire partie de cette renaissance de la scène new-yorkaise et de New York en tant que ville, et j'ai pensé que le retour de mon défilé était la meilleure façon pour moi de faire partie de cela", a-t-il expliqué. Et d'ajouter : "il y a une liberté et une ouverture à New York et dans la communauté de la mode ici qui n'existe pas ailleurs".

Défilé Altuzarra printemps-été 2022 à la New York Fashion Week, le 12 septembre 2021 (JP YIM / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

La mode continue au Brooklyn Museum et au MET

Dimanche 12 septembre, le défilé Tom Ford a clôturé une série de 90 présentations (Moschino, Sergio Hudson, Carolina Herrera, Hillary Taymour, Christian Siriano, Oscar de la Renta, Telfar Clemens...) qui se sont tenues tout au long de la semaine. Mais les musées new yorkais ont pris le relais et continuent de célébrer la mode.

À la suite de son succès au musée des Arts décoratifs à Paris, l’exposition Christian Dior : Designer of Dreams se réinvente au Brooklyn Museum, depuis le 10 septembre, à travers le regard de la commissaire Florence Müller – en collaboration avec le conservateur Matthew Yokobosky pour la sélection des œuvres du musée. Au gré d’un nouveau récit scénographique – comprenant plusieurs silhouettes dévoilées pour la première fois – cet événement couronne plus de soixante-dix ans de passion initiée par la vision pionnière de Christian Dior. Dès septembre 1947, quelques mois seulement après le triomphe du New Look, le couturier s’envole pour les États-Unis, un pays avec lequel la maison tisse une longue et indéfectible amitié.

Le Met ouvre lui le premier chapitre de sa grande rétrospective sur la mode américaine. Dans ce cadre, un gala du Met, le grand rendez-vous mondain new yorkais, occasion pour les marques d'habiller les stars qui défilent sur le tapis rouge, se tient lundi 13 septembre au soir, après avoir été annulé en mai à cause de la Covid-19. La tradition veut que le dress code soit lié au thème de l'exposition à venir du Met. Cette année, le gala vise aussi à rajeunir son image, avec la chanteuse Billie Eilish, l'acteur Timothée Chalamet, la poétesse Amanda Gorman et la joueuse de tennis Naomi Osaka comme co-présidents.

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