"Tout vous rappelle la mort", la dessinatrice Coco utilise le dessin comme "exutoire"

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Durée de la vidéo : 11 min.
Coco itv
Article rédigé par
P. Loison - franceinfo
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Au cours de la journée d'hommage national aux victimes du terrorisme, jeudi 11 mars, de nombreux rescapés ont témoigné de leur difficulté de revivre après de tels événements traumatisants. La dessinatrice de Charlie Hebdo, Coco, de son vrai nom, Corinne Rey, était l'invitée du 23h de franceinfo où elle présente Dessiner encore

Vivre après avoir survécu. Un miracle mais également un poids qui envahit les victimes rescapées du terrorisme. "Ce sont deux sentiments, deux mondes presque, la vie est là et vous l'aimez, vous avez envie d'en profiter, vous êtes privilégiée d'être encore en vie et tout vous rappelle la mort, la culpabilité, tout vous entraîne dans le 7 janvier, vous tire en arrière, c'est un entre-deux difficile à traverser", témoigne la dessinatrice rescapée de Charlie Hebdo, CocoCoco qui va rejoindre Libération où elle remplacera Willem comme caricaturiste du quotidien. 

Dans son livre, les vagues caractérisent, symbolisent les crises d'angoisse, la panique, la crainte, ce débat perpétuel pour survivre. "C'est une image qui est venue assez rapidement pour donner aux lecteurs quelque chose qui était palpable alors qu'en fait, c'est quelque chose qui est difficilement partageable. J'avais besoin d'une image commune entre moi et lecteur. Cette vague est venue comme quelque chose d'émouvant, qui vous emporte, vous enfonce, fait ce qu'elle veut de nous, c'est incontrôlé, c'est le traumatisme difficile à traverser", décrit la dessinatrice.

Une préparation au procès

Dessiner, c'est aussi un métier, une passion, est-ce aussi thérapeutique ? "Le dessin comme exutoire est un très bon terme quand on est dessinateur de presse parce qu'on s'en sert pour faire passer nos indignations face à la politique. Pour ce travail-là, ça a été plutôt catharsique, une préparation au procès devant la Cour d'Assises fin 2020 et ça m'a aidé à poser des mots sur comment j'allais raconter et traverser ça. Les mots sont parfois difficiles à poser et le dessin a été là comme un support", révèle Corrine Rey.

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