Mort de Gilles Perrault : Edwy Plenel évoque un "homme droit", "juste", un "exceptionnel raconteur" dont "la main ne tremblait pas"

L'écrivain et journaliste Gilles Perrault est mort jeudi 3 août, à l'âge de 92 ans. Il avait notamment écrit "Le pull-over rouge", un livre enquête qui remettait en cause la culpabilité d'un condamné à mort.
Article rédigé par France Info
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Gilles Perrault est décédé dans la nuit du mercredi 2 au jeudi 3 août 2023 à Sainte-Marie-du-Mont, dans la Manche. (THOMAS BREGARDIS / MAXPPP)

"Gilles Perrault est un homme qui agissait par l'écriture", déclare vendredi 4 août sur franceinfo le journaliste et co-fondateur de Mediapart, Edwy Plenel. Il réagissait à la mort de son ami, Gilles Perrault, également journaliste et écrivain. Parmi ses oeuvres, Le pull-over rouge (1978) a particulièrement marqué son époque, relançant le débat sur la peine de mort à laquelle il était opposé.

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Pour Edwy Plenel, Gilles Perrault était un "exceptionnel raconteur". Parmi les autres livres écrits par le journaliste, Edwy Plenel cite notamment Les Parachutistes (1961), Les Gens d'ici (1981). "Il avait trouvé l'écriture comme une arme", poursuit le journaliste qui raconte que Gilles Perrault était "destiné à être avocat" mais qu'"il s'ennuyait". Il a donc "abandonné la robe et la parole pour se replier sur cette idée de l'écriture". Avec ses livres, "toujours une enquête", il montrait "qu'on peut peut-être parfois changer le monde". "Tous ses livres ont ébranlé des univers entiers".

Un homme "juste"

Questionné sur Le pull-over rouge, Edwy Plenel rappelle que son objectif avec ce livre était "de combattre la peine de mort". "L'impact de ce livre a énormément aidé dans l'opinion pour permettre l'abolition ensuite portée par Robert Badinter", ajoute Edwy Plenel.

Le co-fondateur de Mediapart parle d'un homme "juste", une "personne très libre et qui s'engageait à corps perdu dans les causes qu'il défendait. C'était une belle personne". Et d'insister : "Un homme d'une très grande droiture", dont "la main ne tremblait pas" quand il s'engageait dans une cause et qui n'"était pas tenté de douter ou de faire demi-tour". Enfin, conclut le journaliste, il était de ceux qui pensent que "quand on s'engage on n'a pas de garantie et que parfois il faut s'engager et dire non, en ayant aucune certitude de gagner".

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