Danemark : des chercheurs découvrent trois livres empoisonnés à l'arsenic dans une bibliothèque universitaire

La présence du poison pourraît être expliquée par l'utilisation du vert de Paris, une variante de l'arsenic utilisée pour éloigner les inscectes.

Deux chercheurs ont découverts de l\'arsenic dans trois livres du XVIe et XVIIe siècles de la bibliothèque de l\'université du sud du Danemark. Image d\'illustration
Deux chercheurs ont découverts de l'arsenic dans trois livres du XVIe et XVIIe siècles de la bibliothèque de l'université du sud du Danemark. Image d'illustration (DAVID TANECEK/AP/SIPA / AP / SIPA)

C'est une découverte digne du scénario du Nom de la Rose, d'Umberto Eco. Deux chercheurs ont découvert de l'arsenic dans trois livres du XVIe et XVIIe siècles de la bibliothèque de l'université du sud du Danemark, expliquent-ils dans un article publié sur The Conversation (en anglais) fin juin.

Une série d'analyses à l'aide de rayons X fluorescents, entreprise pour rechercher des fragments de manuscrits médiévaux dans les manuscrits, "a révélé que la couche de pigment vert était de l'arsenic", écrivent le bibliothécaire Jakob Povl Holck et le professeur en physique Kaare Lund Rasmussen. "Cet élément chimique est parmi les substances les plus toxiques au monde et l'exposition peut entraîner divers symptômes d'empoisonnement, le développement du cancer et même la mort."

Protection contre les insectes

D'après les universitaires, la présence d'arsenic pourraît être expliquée par l'utilisation du vert de Paris, une variante de l'arsenic prisée au XIXe siècle pour "l'intensité de (sa) couleur (verte) et sa résistance à la décoloration". Dans ce cas-ci, "le pigment n’a pas été utilisé pour des raisons esthétiques, ajoutent Jakob Povl Holck et Kaare Lund Rasmussen. Une explication plausible de l’utilisation (...) du vert de Paris sur les vieux livres était la protection contre les insectes et la vermine".

Depuis la découverte de leur toxicité, la bibliothèque stocke les trois volumes empoisonnés "dans des boîtes en carton séparées (...) dans une armoire ventilée". "Nous prévoyons également de les numériser pour minimiser la manipulation physique", ajoutent les auteurs de la découverte.