"Je ne mérite pas l'affreux portrait que tu publies de moi" : Gabriel Matzneff répond à Vanessa Springora et publie sa lettre de rupture

Alors que sort ce jeudi le livre de Vanessa Springora, "Le Consentement", l'écrivain de 83 ans affirme qu'il "ne le [lira] pas".

L\'écrivain Gabriel Matzneff, en janvier 2009.
L'écrivain Gabriel Matzneff, en janvier 2009. (MARC CHARUEL / AFP)

Gabriel Matzneff poursuit sa contre-attaque. Alors qu'est sorti, jeudi 2 janvier, le livre Le Consentement de Vanessa Springora, dans lequel l'éditrice raconte l'emprise et la séduction que l'écrivain a exercées sur elle lorsqu'elle était adolescente, Gabriel Matzneff publie un long texte dans L'Express, tendant à démontrer l'amour qui animait cette relation qui a duré deux ans. "Je ne mérite pas l'affreux portrait que (...) tu publies de moi. (...) Non, ce n'est pas moi, ce n'est pas ce que nous avons ensemble vécu, et tu le sais", écrit l'homme aujourd'hui âgé de 83 ans.

"Ce livre, je ne le lirai pas. (...) Il me ferait trop de mal. Et même si son ton est mesuré, nostalgique, je préfère me contenter des dizaines de lettres d'amour fou que Vanessa m'a écrites, de ses photos, de mes adorables souvenirs", ajoute l'écrivain. C'est "un livre dont le but est de me précipiter dans le chaudron maudit où ces derniers temps furent jetés le photographe [David] Hamilton, les cinéastes Woody Allen et Roman Polanski", poursuit-il.

"Cela fait partie de sa manipulation"

Dans ce texte, Gabriel Matzneff, mis en cause pour ses relations avec des partenaires mineurs des deux sexes, reproduit aussi la lettre que Vanessa Springora lui aurait envoyée début janvier 1988 pour lui signifier leur rupture. A l'époque, elle avait 15 ans et lui 51. Ce courrier avait déjà été publié par Gabriel Matzneff, avec des prénoms modifiés, dans un recueil de lettres de rupture paru en 1997.

Une publication que Vanessa Springora qualifie de "manipulation", dans Le Parisien. "Il a toujours suscité des lettres de jeunes adolescentes pour les avoir comme preuves, plus tard. Preuves de mon consentement, de mon amour. Et mon amour n'est pas en question. Je crois que j'ai été très honnête dans ce livre : c'est quelqu'un dont je suis tombée passionnément amoureuse et j'ai mis du temps à comprendre que son amour à lui avait quelque chose de malade. Mon propre amour, je ne le remets pas en question", explique l'écrivaine.

L'Express a décidé de "publier en intégralité le long texte qu'il nous a fait parvenir", en soulignant que "cette publication ne vaut pas caution". "L'écrivain n'y fait aucun mea culpa ni ne demande le pardon, mais il livre le récit de sa liaison avec la jeune fille", souligne l'hebdomadaire.