Iran : le rappeur Toomaj Salehi risque la peine de mort, confirme la justice iranienne

L'artiste est accusé notamment de "corruption sur terre", de "propagande contre le système", a affirmé un magistrat de la région d'Ispahan. L'artiste encourt la peine capitale, ont indiqué ses proches samedi.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Des manifestants portant des portraits du rappeur iranien Toomaj Salehi et ceux d'enfants tués lors des manifestations en Iran, lors d'un rassemblement de soutien aux femmes iraniennes à Istanbul, le 22novembre 2022. (YASIN AKGUL / AFP)

"Le procès n'a pas encore eu lieu mais l'acte d'accusation contre Toomaj Salehi a été rédigé et renvoyé" devant les tribunaux d'Ispahan (centre), a déclaré Assadollah Jafari, le chef de l'Autorité judiciaire de la province du même nom, cité dimanche par l'agence de la justice Mizan Online. "Il est accusé de corruption sur terre en répandant des mensonges sur internet, de propagande contre le système, d'avoir constitué et dirigé des groupes illégaux dans le but de perturber la sécurité en coopérant avec un gouvernement hostile à l'Iran et d'avoir incité à commettre des actes violents", a-t-il ajouté.

Le rappeur iranien Toomaj Salehi, arrêté fin octobre après avoir exprimé son soutien aux manifestations hostiles au régime, risque d'être condamné à mort à l'issue d'un procès qui s'est ouvert samedi à "huis clos", ont affirmé ses proches samedi 26 novembre sur son compte Twitter. Dimanche à la mi-journée, un administrateur du compte Twitter de l'artiste a précisé toutefois que l'avocat désigné par sa famille n'avait pas encore eu accès aux "détails de l'affaire".


L'Iran est le théâtre d'un mouvement de contestation déclenché le 16 septembre par la mort de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans décédée après son arrestation par la police des mœurs à Téhéran.

Les autorités dénoncent ces protestations comme des "émeutes" encouragées selon elles par l'Occident. Au moins 416 personnes ont été tuées dans la répression des manifestations, selon un dernier bilan diffusé par l'ONG Iran Human Rights (IHR), dont le siège est en Norvège, tandis que 15 000 ont été arrêtées selon le Rapporteur spécial de l'ONU sur l'Iran.

Huis clos

Toomaj Salehi "est en grave danger en ce moment", ont écrit samedi des proches du rappeur sur son compte Twitter. "Son procès se déroule à huis clos" sans aucune représentation juridique, ont-ils ajouté. Le rappeur, selon la même source, est accusé d'être un "ennemi de Dieu" et de "corruption sur terre", des crimes passibles de la peine capitale.

Le 2 novembre, l'agence de presse officielle Irna a diffusé une vidéo montrant, selon elle, Toomaj Salehi, bandeau sur les yeux, disant avoir "commis une erreur". Des "aveux forcés", ont immédiatement dénoncé des militants des droits humains.

Peu avant son arrestation, le rappeur avait donné une interview très critique du régime à la chaîne canadienne CBC. "Vous avez affaire à une mafia prête à tuer la nation tout entière (...) afin de conserver son pouvoir, son argent et ses armes", disait-il.

La justice iranienne a déjà prononcé six condamnations à mort depuis le début des manifestations à la mi-septembre, mais ce nombre devrait augmenter puisque, selon Amnesty International, au moins 21 personnes sont actuellement jugées pour des crimes passibles de la peine capitale. Selon les chiffres fournis par la justice iranienne, plus de 2000 personnes ont été inculpées depuis le début des manifestations.

L'Iran est le pays qui exécute le plus au monde en dehors de la Chine, selon les groupes de défense des droits humains. Au moins 314 personnes y ont été mises à mort en 2021 d'après l'ONG, tandis que le groupe IHR fait état de plus de 482 exécutions cette année.

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