Intermittents du spectacle : l'année blanche prolongée jusqu'à décembre

Les intermittents du spectacle, privés de leurs cachets en raison de la crise sanitaire, bénéficieront d'une prolongation de quatre mois, jusqu'en décembre, de leur indemnisation chômage, ont annoncé mardi les ministères de la Culture et du Travail.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Flashmob d'intermittents du spectacle le 23 avril 2021 à Paris, devant le Théâtre de l'Odéon (NICOLAS PORTNOI / HANS LUCAS / AFP)

Face à la pandémie de Covid-19 et la mise en sommeil du spectacle vivant, les intermittents du spectacle, privés de leurs cachets, réclamaient la poursuite du dispositif de soutien à leur activité. Ils bénéficieront d'une prolongation de quatre mois, jusqu'en décembre 2021, de leur indemnisation chômage, ont annoncé mardi 11 mai les ministères de la Culture et du Travail.

Cette mesure, décidée initialement en mai 2020 par le chef de l'État et communément appelée "année blanche", devait prendre fin le 31 août 2021. Les intermittents demandaient eux une deuxième année blanche en raison des incertitudes sanitaires.

Mesures d'aides, dispositif pour les jeunes

La prolongation jusqu'à fin décembre sera suivie en 2022 de mesures d'aides pour accompagner la reprise d'activité des quelque 120.000 professionnels du spectacle vivant. "Ces mesures vont permettre à ceux qui, faute de périodes travaillées suffisantes, ne parviendraient pas à renouveler leurs droits à allocations de bénéficier de l'accès à une indemnité pendant toute l'année 2022", précisent les ministères dans un communiqué commun.

À ce dispositif s'ajoutent deux volets, dont un dédié aux jeunes. Pour obtenir l'assurance chômage, les intermittents doivent avoir travaillé 507 heures sur douze mois. Pour les moins de 30 ans, ce seuil va être abaissé temporairement à 338 heures. Le troisième volet est un dispositif d'aide à l'emploi doté de 30 millions d'euros et qui va être également mis en place dans le but d'accompagner le retour des intermittents à l'emploi.

Ces décisions s'inspirent largement du rapport d'André Gauron, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, remis aux ministres de la Culture et de l'Emploi fin avril pour donner des recommandations sur la reprise de l'emploi dans le spectacle vivant, très fragilisé par la crise du Covid-19.

Des syndicats saluent l'annonce, mais l'inquiétude demeure

Dans un communiqué, la CGT Spectacle salue la prolongation de quatre mois de l'année blanche et la mise en place de filets de sécurité pour 2022 mais assure que cette mesure va générer une "nouvelle baisse d'indemnisation pour celles et ceux qui n'auront pas ou très peu travaillé du fait des interdictions depuis mars 2020".

Spécificité française, le régime des intermittents concerne 120.000 artistes et techniciens indemnisés chaque année, une main d'œuvre cruciale : en 2003, leurs grèves avaient entraîné l'annulation de grands évènements comme le festival d'Avignon. En 2020, Emmanuel Macron avait décidé d'accorder une année blanche aux intermittents qui, en raison de la fermeture des théâtres et des cinémas et de l'annulation des grands festivals d'été, n'avaient pas pu faire les 507 heures requises.

"C’est totalement insatisfaisant", a réagi mardi sur franceinfo Karine Huet, secrétaire générale adjointe du Snam-CGT (Union nationale des syndicats d'artistes musiciens de France), à l'annonce gouvernementale qui concerne environ 120 000 intermittents du spectacle en France. "Quatre mois de plus seulement, pour des gens qui ne vont pas travailler normalement avant on ne sait quand, c’est très insatisfaisant", a déclaré Karine Huet. Le Snam-CGT demandait notamment une prolongation d’une année supplémentaire.

Face aux incertitudes sur l'avenir, les occupations de théâtres vont se poursuivre

"Nous ne savons pas quand nous allons pouvoir travailler normalement. Nous ne savons pas s'il va encore y avoir des mesures qui vont nous empêcher de travailler. Nous ne savons pas à quelle vitesse la reprise va se faire", a ajouté l’intermittente du spectacle. "Pour le gouvernement, on a l'impression qu'au 1er septembre, tout le monde va retravailler normalement, ce qui ne va absolument pas être le cas, nous le savons bien."

La secrétaire générale adjointe du Snam-CGT a également assuré que "les occupations des théâtres vont se poursuivre. Nous allons continuer nos occupations avec beaucoup de détermination."

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