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Trois questions autour de la grève au festival d'Avignon

Le festival ouvre vendredi sur fond de grève des intermittents. Le bon déroulement des pièces n'est pas garanti.

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France Télévisions
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Le metteur en scène italien Giorgio Barberio Corsetti discute avec des intermittents lors de l'interruption de la générale de la pièce Le Prince de Hombourg, le 2 juillet 2014. (BORIS HORVAT / AFP)

Le conflit autour du statut des intermittents continue de menacer les festivals estivaux. Le personnel du Festival d'Avignon a voté la grève pour vendredi, jour d'ouverture, a annoncé jeudi 3 juillet la CGT-Spectacle. Le mouvement a été voté par 240 voix pour, 144 voix contre et 4 abstentions et la CGT appelle "une grève massive". Francetv info vous explique la situation en trois questions.

Le festival d'Avignon est-il menacé ?

A prioiri, non. Les intermittents avaient déjà prévenu lundi qu'ils mèneraient de possibles actions de grève ponctuelles tout en maintenant le déroulement du festival. Consciente des risques de débordements, la CGT-Spectacle a publié une mise au point jeudi, se déclarant favorable à "des grèves votées par les artistes et les techniciens mais pas aux blocages, ni à l'annulation des festivals". La CGT-spectacle a par ailleurs déjà appelé à une autre journée de mobilisation le 12 juillet.

Des spectacles seront-ils supprimés ?

Il s'agit d'une intention de vote dont l'impact reste à déterminer spectacle par spectacle, déclare la direction du festival. Avignon ouvre vendredi soir avec Le Prince de Hombourg. Pour l'instant, rien ne permet de savoir si cette pièce de Heinrich von Kleist sera interrompue ou annulée par les intermittents en colère. Ces derniers ont déjà perturbé la répétition générale. L'accès à la cour d'honneur du Palais des Papes sera certes sécurisé par des agents d'accueil, mais "il n'est pas question de mettre un policier derrière chaque spectateur", lâche Paul Rondin, numéro deux d'Olivier Py, le directeur d'Avignon.

En fait, deux camps s'opposent à Avignon. Ceux qui sont favorables à la tenue des spectacles, accompagnées d'actions de sensibilisation du public. Il s'agit notamment du personnel du festival. de l'autre côté, les intermittents les plus radicaux veulent pouvoir à tout moment perturber, voire annuler un spectacle même si l'équipe veut jouer. "Ils peuvent céder à je ne sais quelle ivresse", souligne Paul Rondin. L'annulation de la première du Prince de Hombourg coûterait "45 000 euros au festival", ajoute-t-il.

Contre quoi proteste les intermittents ?

Les intermittents protestent contre un accord, signé par la CFDT, FO et la CFTC, qui durcit le calcul des indemnités chômage. Pour le patronat, le régime des intermittents du spectacle serait trop coûteux, trop avantageux et miné par les abus en tous genres. Des arguments qui font l'objet d'une bataille de chiffres.

Manuel Valls s'est engagé le 19 juin à faire financer par l'Etat le différé d'indemnisation des intermittents, mesure la plus controversée de cette nouvelle convention d'assurance-chômage. Par ailleurs une concertation pour apaiser le conflit a commencé jeudi à Paris. Des réunions avec l'ensemble des parties doivent se tenir tous les jeudis de juillet. Mais ces différents gestes du gouvernement n'ont pas suffi à calmer la grogne d'une partie des intermittents.

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