Festivals d'été autorisés sous conditions : "Difficile d'imaginer 5 000 hard rockeurs assis sur une chaise", réagit le directeur du Hellfest

Les festivals d'été pourront se tenir, malgré l'épidémie de Covid-19, à condition de se limiter à des jauges de 5 000 spectateurs assis. Des conditions incompatibles avec les concerts de hard rock, regrette Ben Barbaud qui évoque une annulation probable du Hellfest.

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L'entrée du festival Hellfest à Clisson (Loire-Atlantique) le 21 juin 2019. (PHILIPPE THOMAS / FRANCE-BLEU BASSE-NORMANDIE)

"Un report est très certainement inévitable", estime vendredi 19 février sur franceinfo Ben Barbaud, le directeur du Hellfest, festival de hard rock habituellement organisé en juin à Clisson (Loire-Atlantique). Il réagit aux annonces de la ministre de la Culture Roselye Bachelot qui a indiqué que les festivals de l’été en plein air pourront avoir lieu à condition de limiter leur jauge à 5 000 personnes assises à cause du coronavirus Covid-19.

Des festivaliers qui avaient pris leurs billets il y a un an et demi

"Ce ne sont pas des décisions qui sont réjouissantes", résume Ben Barbaud. "Ce cadre restrictif nous empêche très certainement de pouvoir nous adapter et de proposer à nos festivaliers ce qu'ils ont l'habitude de voir". Le Hellfest est selon lui incompatible avec ces nouvelles règles : "Il est difficile d'imaginer 5 000 hard rockeurs assis sur une chaise à deux mètres de distance, en train de prendre du plaisir à écouter leurs artistes."

"L'ADN de notre festival, ce sont des gens collés les uns aux autres, en sueur, en train de hurler avec une bière à la main."

Ben Barbaud

à franceinfo

Le patron du Hellfest prendra sa décision dans les prochains jours. "Il va falloir annoncer sans doute la mauvaise nouvelle aux festivaliers dans les jours à venir", prévient-il. Des festivaliers "qui ont déjà pris leur billet depuis octobre 2019. Imaginez-vous, ça fait déjà plus d'un an et demi que nous sommes complets", déplore-t-il. 

"Le courage de la ministre"

Ben Barbaud assure tout de même que l’équipe de l’organisation "va avoir envie d'exister" cet été. "Alors, est-ce que ça fera sous forme digitale? Est-ce que ça sera sous forme de concert de soutien? Je ne sais pas encore", explique-t-il. "On reste à 100% motivés pour repartir en 2022, proposer de nouvelles choses et faire en sorte que le festival reprenne vie", assure-t-il.

Le patron du Hellfest se dit "très surpris de constater qu'une décision avait été prise aussi vite" par le ministère de la Culture. S’il déplore le fait que "les jeunes ne pourront pas se défouler l'été prochain, dans aucun festival", il salue "le courage de la ministre".

"Je note que la France sera finalement le premier pays à mettre ce cadre en place, ce qui permet à un certain nombre d'organisateurs de pouvoir travailler sur des certitudes".

Ben Barbaud

à franceinfo

"La ministre a bien insisté sur le fait qu'elle allait accompagner aussi des festivals qui ne vont pas pouvoir s'adapter, ajoute Ben Barbaud. En espérant que l'année prochaine, cette épidémie sera réellement derrière nous".

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