Vin : pourquoi le millésime 2013 s'annonce médiocre

Pluie et fraîcheur au printemps, grêle pendant l'été, vendanges tardives... Les vignobles français ne sont pas épargnés cette année.

Les vendanges à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), le 19 août 2013.
Les vendanges à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), le 19 août 2013. (RAYMOND ROIG / AFP)

Avis aux amateurs de vin : 2013 s'annonce comme un mauvais millésime pour le vignoble français. Selon les estimations de la filière, présentées mercredi 28 août, la récolte devrait atteindre 43,5 millions d'hectolitres pour l'année, en dessous de la moyenne décennale de 45,4 millions. Rares sont les vignobles épargnés : les incidents climatiques des derniers mois ont touché une majorité de domaines français.

Alors que les vendanges se profilent, francetv info revient sur les raisons de cette médiocre performance.

Des pluies excessives au printemps

Le taux d'alcool relevé dans les premiers prélèvements est "très faible". "Le sucre n'est pas arrivé dans les grappes et on aura des teneurs [en alcool] beaucoup plus faibles que les années précédentes", explique Jérôme Despey, président de la filière viticole de l'organisme public FranceAgrimer. En cause, les dégâts provoqués par les intempéries dans les exploitations viticoles. Jérôme Despey pointe en premier lieu les températures fraîches et les pluies excessives du printemps.

Des orages et de la grêle pendant l'été

Certaines exploitations ont vu leur production réduite à néant par la grêle. D'abord les vignobles de Vouvray, en Touraine. Ils ont été dévastés aux deux tiers par les premiers déluges de grêle, à la mi-juin. Puis la Bourgogne a été frappée à son tour en juillet. Enfin, la Gironde, le Bordelais et notamment l'Entre-deux-Mers, puis les Côtes du Rhône ont été impactés début août.

Dans le Bordelais, les professionnels estiment qu'un million d'hectolitres a été perdu, soit 20% de la production habituelle, à cause des orages. En Gironde, "15 000 hectares de récolte ont été perdus à 80%", insiste Jérôme Despey, qui attend les estimations des autres régions. Le 6 août, la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) avait estimé qu'entre 4 000 et 5 000 hectares ont été détruits à au moins 80%, sur une centaine d'exploitations.

A ce stade, 2013 enregistrerait l'une des plus petites récoltes en quarante ans, après celle historiquement faible de 2012, selon lui.

Un risque de fortes pluies en septembre dans le sud

Par ailleurs, les vendanges, qui commençaient ces dernières années autour du 15 août dans le sud de la France, ont tout juste débuté en Languedoc-Roussillon. Elles ne démarreront ailleurs au mieux que la semaine prochaine. "Ça fait longtemps qu'on n'a pas vendangé aussi tard, note Jérôme Despey, lui-même exploitant dans l'Hérault, qui compte débuter la récolte la semaine prochaine. Je suis impatient, d'autant qu'on n'est pas à l'abri de nouvelles difficultés." Dans cette région, les "épisodes cévenols", accompagnés de forte pluie, sévissent en arrière-saison, précise-t-il.

"Les viticulteurs sont complètement démunis face aux risques, alors qu'on assiste à des phénomènes climatiques de plus en plus fréquents, de plus en plus violents et qui impactent des surfaces de plus en plus larges", insiste Jérôme Despey, qui interpelle le ministère de l'Agriculture. "Nous avons aujourd'hui des centaines de domaines dont la survie est menacée", assure le responsable, qui dénonce "une offre inadaptée et coûteuse" des assureurs pour les petits domaines.