Sortie de films directement en streaming : la Fédération des cinémas proteste

La Fédération nationale des cinémas qui regroupe les 6.000 écrans en proie à une chute de la fréquentation depuis leur réouverture, "regrette profondément" le fait que certains films soient directement diffusés sur des plateformes de streaming.

La baisse de fréquentation comparée à 2019 donne le vertige : le top 10 de juillet représente moins de 20% des entrées de celui de l\'an dernier.
La baisse de fréquentation comparée à 2019 donne le vertige : le top 10 de juillet représente moins de 20% des entrées de celui de l'an dernier. (ST?PHANE FERRER YULIANTI / HANS LUCAS)

Un mois après leur réouverture dans le cadre du déconfinement progressif, les cinémas sont confrontés à une baisse générale de fréquentation avec parfois des salles aux deux tiers vides

"Mulan", dernière déconvenue pour les cinémas

"Les chiffres de fréquentation quotidiens montrent que les films, même s'ils ne sont pas assez nombreux, trouvent individuellement leur public en salle", souligne toutefois la Fédération nationale des cinémas français (FNCF) dans un communiqué, remerciant au passage les distributeurs d'oeuvres qui continuent de préférer les salles obscures.

Mais depuis quelques semaines, plusieurs oeuvres ont été vendues directement à des plate-formes de streaming comme Netflix ou Amazon, sans sortir en salles. Dernière déconvenue en date pour les cinémas : Disney a annoncé que Mulan, son blockbuster très attendu (il s'agit de l'adaptation en prise de vue réelle du célèbre dessin animé), sera proposé d'office sur sa plateforme Disney+ en location payante jusqu'à 29,90 dollars.

Des mesures de sauvegarde attendues

"Cela ne peut qu'accentuer la crise que connaissent les salles de cinéma en optant pour des modes de diffusion bien moins créateurs de valeur que la sortie en salle et très éloignés du principe au coeur du spectacle cinématographique : rassembler un public, partager des émotions et faire vivre la culture au coeur de la cité et des territoires", ajoutent les exploitants de cinémas. En conséquence, la FNCF demande aux pouvoirs publics "la mise en place en urgence de mesures de sauvegarde pour les salles".


A l'image d'autres établissements, le Grand Rex, complexe parisien de sept salles, qui compte parmi les plus grands cinémas en Europe, a décidé de fermer ses portes en août pour la première fois depuis son inauguration en 1932, en raison de la baisse de fréquentation et en l'absence des habituels blockbusters estivaux.