"Grâce à Dieu", le film de François Ozon projeté dans la ville où officiait le prêtre pédophile

Quelques jours avant la sortie du film de François Ozon, "Grâce à Dieu", prévue le 20 février, une avant-première est organisée à Sainte-Foy-lès-Lyon. C'est dans cette ville qu’officiait le père Preynat, accusé d'attouchements sexuels sur des scouts. Le film raconte le calvaire de ses jeunes victimes, dont certaines aujourd'hui adultes et réunies dans une association, ont vu le film.

Melvil Poupaud dans une scène de \"Grâce à Dieu\" de François Ozon
Melvil Poupaud dans une scène de "Grâce à Dieu" de François Ozon (Mars Films)
L'avant-première du prochain film de François Ozon à Sainte-Foy-lès-Lyon n'a rien de la banale séance de promotion. "Grâce à Dieu" est projeté dans la ville-même où se sont déroulés les faits rapportés. Dans la salle, plusieurs hommes, anciennes victimes, quand ils étaient enfants et adolescents, des exactions du prêtre du lieu, le père Bernard Preynat. Les anciens scouts victimes de l'ecclésiastique prédateur se sont réunis en une association, "La parole libérée". Les faits sont tous antérieurs à l'année 1991

L'impact de la révélation de la parole, je pense que c'est aussi le thème de son film, donc ce n'est pas juste l'aspect intime et émotionnel des personnages qui compte, mais c'est aussi tout ce que ça a a fait peser sur le reste de la famille et les amis

Alexandre Hezez-Dussot
Cofondateur La Parole Libérée

Reportage : France 3 Rhône-Alpes Y. Marie / L. Crozat / S. Bouix


L'affaire Preynat, du nom du prêtre accusé d'environ 70 actes d'atteintes sexuelles sur les scouts dont il s'occupait à Sainte-Foy-lès-Lyon, commune limitrophe de Lyon ne démarre vraiment qu'en 2015 quand une plainte est officiellement déposée contre le curé de la paroisse Saint-Luc. La hiérarchie catholique sait pourtant depuis au moins 1991 que le prêtre en question commet des actes de pédophilie. Les dénonciations n'ont encore abouti à rien.

Il faudra l'obstination des victimes devenues adultes pour que le silence imposé par la hiérarchie de l'église, et en particulier le cardinal-archevêque de Lyon, soit dénoncé. Toute l'affaire est bien résumée sur cette page de France Info consacrée à l'affaire dans l'affaire, le procès de Mgr Barbarin pour non dénonciation d'agressions sexuelles.