WikiLeaks met en ligne les données piratées de Sony Pictures

L'entreprise condamne la rediffusion de ces données, jeudi, piratées en novembre 2014. Julian Assange défend, lui, le travail de son site, arguant que ces documents montrent "les rouages d'une multinationale influente".

Julian Assange, fondateur du site WikiLeaks, s\'exprime par vidéoconférence lors d\'un événement du Conseil des droits de l\'Homme des Nations unies à Genève (Suisse), le 23 mars 2015.
Julian Assange, fondateur du site WikiLeaks, s'exprime par vidéoconférence lors d'un événement du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies à Genève (Suisse), le 23 mars 2015. (FABRICE COFFRINI / AFP)

Cinq mois plus tard, Sony Pictures souffre toujours du piratage massif dont l'entreprise a été victime. WikiLeaks a publié, jeudi 17 avril, 30 287 documents et 173 132 courriels issus des archives du groupe, divulgués par des hackers à la fin 2014. Le site permet ainsi de faire des recherches par nom ou mot-clé (en anglais) pour trouver des informations parmi toutes les données piratées.

L'organisation défend l'intérêt de ces documents pour le public. "Ces archives montrent les rouages d'une multinationale influente, estime Julian Assange, fondateur de WikiLeaks. C'est digne d'intérêt, et au centre d'un conflit géopolitique. Cela appartient au domaine public et WikiLeaks s'assurera qu'il le reste."

Des données piratées en novembre 2014

Ces données proviennent du piratage, en novembre 2014, de SPE, filiale du groupe japonais Sony. Les données personnelles de 47 000 employés et tiers, dont des vedettes, avaient alors été volées, ainsi que des documents financiers, des scripts, des courriels, dont certains avaient été mis en ligne illégalement, tout comme cinq films du studio.

Les pirates avaient exigé que Sony Pictures renonce à diffuser la comédie sur le leader nord-coréen Kim Jong-un, L'interview qui tue !, et la Maison Blanche avait accusé la Corée du Nord d'être derrière ce piratage. Au-delà du film, qui a finalement bénéficié d'une sortie limitée, le scandale avait contraint la patronne de Sony Pictures, Amy Pascal, à démissionner, après la publication d'e-mails à caractère raciste qu'elle avait écrits sur Barack Obama.

Sony condamne, WikiLeaks se justifie

Sony a condamné la diffusion de ces données, estimant que les informations personnelles ne relevaient pas du domaine public, et que WikiLeaks poursuivait l'œuvre des pirates informatiques, "une action criminelle malveillante" qui a nui aux employés de l'entreprise.

A contrario, WikiLeaks argue qui si "certaines histoires sont sorties à l'époque" du piratage, d'autres "ont été retirées avant que le public et les journalistes puissent gratter la surface". Le site évoque notamment les activités de lobbying du groupe et ses connexions avec le parti démocrate américain.