Vidéos Jean-Pierre Bacri en sept rôles inoubliables au cinéma, de "Mes meilleurs copains" au "Sens de la fête"

Grognon, naïf, tendre, frustré, amoureux, désabusé, colérique... L'attachant Jean-Pierre Bacri, qui n'aimait pas sourire à l'écran, a joué sur tous les registres. Voici sept films pour retrouver l'acteur comico-dramatique qui vient de disparaître.  

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France Télévisions Rédaction Culture
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Jean-Pierre Bacri dans le film de Noemie Lvovsky "Les sentiments" en 2003. (INTERFOTO USA/SIPA)

Le comédien Jean-Pierre Bacri, mort lundi 18 janvier 2021 d'un cancer à l'âge de 69 ans, était connu pour ses rôles de raleur bougon. Lui qui avait l'art d'être à la fois grave et drôle, savait aussi faire preuve de tendresse. En tant qu'auteur, il a écrit avec sa complice Agnès Jaoui quelques-uns de ses plus beaux rôles au théâtre et à l'écran. Voici une sélection de sept films cultes dans lesquels il a tourné.

"Mes meilleurs copains" de Jean-Marie Poiré (1989)

Dans cette saga amicale qui court sur une vingtaine d’années, Jean-Pierre Bacri est Eric Guidolini, dit Guido. Il donne la réplique à ses potes de toujours, Richard (Gérard Lanvin), Jean-Michel (Christian Clavier), Antoine (Philippe Khorsand) et Dany (Jean-Pierre Daroussin). Chanteur et vivant en ménage à trois durant ses années hippies, il devient concepteur dans la publicité et homosexuel abstinent malgré lui. "Le joint a considérablement élargi ma vision de l’art", dit-il dans cet extrait de l'époque hippie.



"Cuisine et dépendances" de Philippe Muyl (1993)

Ce film marque le décollage du tandem Bacri-Jaoui dans l'écriture puisqu'il est adapté de la pièce de théâtre du même nom écrite par le duo. Jean-Pierre Bacri y endosse résolument le rôle du bougon qui va marquer le reste de sa carrière. Il joue Georges, le copain hébergé d'un couple de bourgeois ordinaires qui invitent à dîner deux amis perdus de vue. Du dîner, on ne verra rien. Tout se passe en aparté dans la cuisine...



"Un air de famille" de Cédric Klapisch (1996)


Dans ce film adapté lui aussi d'une pièce de théâtre écrite par le tandem Jaoui-Bacri, on retrouve un peu le même ton que dans Cuisine et dépendances. Sauf qu'il se déroule non plus dans un cadre amical mais familial. Jean-Pierre Bacri campe Henri Ménard, un homme désabusé qui reçoit comme chaque semaine sa famille dans son café, "Au Père tranquille". A l’occasion de l’anniversaire des 35 ans de Yolande (Catherine Frot), la femme de son frère, les aigreurs de la famille ressurgissent.



"Didier" de Alain Chabat (1997)

Jean-Pierre (Bacri), agent de football, accepte de garder le chien d'une amie pour quelques jours. Mais le labrador se transforme durant la nuit en humain (Alain Chabat), tout en gardant sa psychologie et ses moeurs canines. Une tuile de plus pour Jean-Pierre qui doit déjà faire face à des soucis avec ses joueurs vedettes. L'idée lui vient de remplacer l'un de ses joueurs par le chien, très doué au foot. Une comédie délirante dans laquelle Bacri développe un jeu plus tendre et toujours plus attachant.



"Le goût des autres" d'Agnès Jaoui (2000)

Etape importante du parcours de comédien de Bacri, qui co-signe le scénario avec Agnès Jaoui. Il n'y joue pas le rôle du bougon, éternel ours mal léché et replié sur lui-même, mais au contraire le naïf. Epris d'une comédienne de théâtre, Jean-Jacques Castella tente de s'intégrer dans le milieu artistique mais sans succès puisqu'il en devient la risée. On ne bouscule pas facilement les barrières culturelles. L'acteur déploie ici mille nuances dans une thématique – sectarisme, préjugés et exclusion - récurrente du duo Bacri-Jaoui qui est ici à son meilleur. Gros succès critique et au box office, le film remporte en 2000 les César du meilleur film et du meilleur scénario.



"Les sentiments" de Noémie Lvovsky (2003)

Jean-Pierre Bacri est coscénariste des Sentiments, magnifique histoire d'amour, mais aussi d'adultère. Il y interprète Jacques Roux, un médecin de campagne qui quitte son poste pour une nouvelle vie professionnelle, mais c'est sa vie tout court qui est bouleversée à l'arrivée de sa nouvelle voisine, Edith, campée par Isabelle Carré. A son contact, l'homme quelque peu abîmé par la routine redécouvre la vie. Bacri, dans une profondeur de jeu inoubliable, interprète la renaissance, l'amour.



"Le sens de la fête" d’Olivier Nakache et Eric Toledano (2017)

Dans cette comédie, Jean-Pierre Bacri joue un de ses derniers rôles les plus marquants au cinéma. Il campe Max, un traiteur aguerri qui organise toutes sortes d'événements festifs. Mais pour le mariage pompeux de Pierre et Helena organisé dans un château du 17e siècle, rien ne va se passer comme prévu. A la tête de son équipe, régie comme une petite famille, Bacri renoue avec brio avec son personnage de grognon bienveillant qui tente de sauver les meubles. Jean-Pierre Bacri décroche sa sixième nomination au César du meilleur acteur, une statuette qu'il n'aura finalement jamais remportée pour un premier rôle.


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