Chloé Zhao, réalisatrice de "Nomadland" nommé aux Oscars, ne se sent "pas encore prête" à faire un film sur son enfance en Chine

La réalisatrice de "Nomadland" a confié ne pas se sentir prête à "fouiller dans son propre passé" en Chine. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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Chloé Zhao le 1er avril 2021 en viosconférence  (BAFTA/SHUTTERSTOCK/SIPA / SHUTTERSTOCK)

Chloé Zhao, réalisatrice de Nomadland, film sélectionné cette année aux Oscars, ne se voit pas faire un long-métrage sur son enfance en Chine avant "quelques années", a-t-elle confié à la presse lors du Festival international du film de Santa Barbara.

Interrogée sur le sujet le 6 avril lors d'une table ronde virtuelle avec d'autres réalisateurs sélectionnés aux Oscars, Chloé Zhao a jugé que "fouiller dans son propre passé était la chose la plus difficile". La réalisatrice née à Pékin a ajouté qu'elle se sentait mieux en racontant les histoires des autres. Son film, Nomadland, adapté du roman de l'Américaine Jessica Bruder, un hymne à la gloire de hippies modernes sillonnant les Etats-Unis dans leurs camionnettes, l'a emporté dans la catégorie phare du meilleur film dramatique et sa réalisatrice de 38 ans a reçu le prix de la meilleure réalisatrice aux Golden Globes.

Elle a néanmoins loué le courage de Lee Isaac Chung, dont le film Minari est directement inspiré de l'installation de sa famille, des immigrés venus de Corée du Sud, dans une ferme perdue dans l'Arkansas des années 1980.

"Je devrais repenser à l'angoisse de l'adolescence, à tout cela, et à d'où je viens", a-t-elle expliqué. "Cela va me prendre encore quelques années. Je pense que j'ai besoin de gagner encore en maturité, de ne pas avoir peur de me regarder en face".

De "fierté" à "traîtresse" en Chine

Chloé Zhao qui est issue d'une riche famille chinoise, a quitté la Chine alors qu'elle n'était encore qu'une adolescente pour intégrer un pensionnat anglais, avant de poursuivre ses études à Los Angeles, puis à New York, où elle a notamment eu Spike Lee pour professeur.

Les premiers succès de la réalisatrice lui avaient d'abord attiré des éloges dans son pays natal, où elle avait été qualifiée de "fierté". Mais des propos lui étant attribués dans un magazine américain en 2013, où elle semblait critiquer son pays d'origine, ont ensuite refait surface, jetant une ombre au tableau.

Elle est depuis lors la cible de critiques de certains nationalistes qui l'ont qualifiée de "traîtresse", une controverse qui pourrait compromettre la sortie en Chine de Nomadland, road-movie intimiste sur des Américains âgés qui sillonnent les Etats-Unis à bord de camping-cars.

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