Tribune controversée sur le harcèlement : Catherine Deneuve assume, mais "présente ses excuses à toutes les victimes d’actes odieux qui ont pu se sentir agressées"

Dans une tribune publiée dans Libération, l'actrice a tenu à clarifier sa position après avoir signé un texte controversé défendant la "liberté d'importuner" quelques jours plus tôt.

Catherine Deneuve, en février 2017 à Berlin
Catherine Deneuve, en février 2017 à Berlin (ODD ANDERSEN / AFP)

La signature de Catherine Deneuve au bas d'un texte réclamant la "liberté d'importuner" et stigmatisant "la haine des hommes" publié dans Le Monde mercredi10 janvier en avait surpris plus d'un. Dans une tribune publiée dans Libération, dimanche 14 janvier, l'actrice a tenu à clarifier sa position. 

Elle assume le fait d'être à contre-courant sur le débat provoqué par l'affaire Weinstein : "Je n’aime pas ces effets de meute, trop communs aujourd’hui. D’où mes réserves, dès le mois d’octobre sur ce hashtag "Balance ton porc"." Elle assume le fait d'avoir signé ce texte : " Rien dans le texte ne prétend que le harcèlement a du bon, sans quoi je ne l’aurais pas signé."

Ce qu'elle déplore en revanche, c'est l'instrumentalisation de ce texte et de son nom par d'autres signataires dont elle ne partage pas les idées. "Il me paraît absolument nécessaire aujourd’hui de souligner mon désaccord avec la manière dont certaines pétitionnaires s’octroient individuellement le droit de se répandre dans les médias, dénaturant l’esprit même de ce texte. Dire sur une chaîne de télé qu’on peut jouir lors d’un viol est pire qu’un crachat au visage de toutes celles qui ont subi ce crime."

Elle présente donc ses excuses aux femmes, victimes d'agressions, que le texte a choqué. "Je salue fraternellement toutes les victimes d’actes odieux qui ont pu se sentir agressées par cette tribune parue dans le Monde, c’est à elles et à elles seules que je présente mes excuses." Et rappelle que son engagement féministe ne fait aucun doute. Pour preuve, sa signature en bas du manifeste des 343 salopes, publié par l'Obs pour défendre le droit à l'avortement en 1971.