Quatre bonnes raisons de voir l’exposition "Louis XVI, Marie-Antoinette & la Révolution" aux Archives nationales

L’exposition, organisée jusqu’au 6 novembre 2023 à l’hôtel de Soubise, à Paris, s'échelonne entre la fin d'un règne, celui de Louis XVI, et la naissance d'un monde nouveau, suite à la Révolution. Quatre raisons d’aller voir cette exposition gratuite.
Article rédigé par Armandine Castillon
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 4 min
L’exposition "Louis XVI, Marie-Antoinette & la Révolution" aux Archives nationales se concentre sur la vie de la famille royale avant la chute de la monarchie. (DR)

1789. La situation politique et financière de la France est critique. Le 5 octobre, un groupe insurrectionnel de femmes se rend à Versailles pour forcer la famille royale à rentrer à Paris. Celle-ci s’installera aux Tuileries le lendemain. C'est une période trouble sur laquelle reviennent les Archives Nationales à l'occasion de l'exposition "Louis XVI, Marie-Antoinette & la Révolution. La famille royale aux Tuileries (1789-1792)" au travers d'une centaine de documents d'archives, de gravures, de tableaux et de mobilier. Sans tout dévoiler, voici quatre raisons (parmi d’autres) d'aller voir l'exposition.

1 Une focalisation inédite sur une période précise, dans le quotidien de la famille royale

En pleine "Marie-Antoinette mania", on entend couramment parler de la reine. En revanche, l’exposition des Archives nationales revient sur une période de sa vie dont on ne sait pas grand-chose. En effet, on connaît la fuite à Varennes mais moins ce qu’il se passe dans la vie de la famille royale depuis le départ de Versailles pour les Tuileries le 6 octobre 1789 jusqu’à la chute de la monarchie le 10 août 1792. Le château des Tuileries, au centre de Paris, devient donc le nouveau lieu de pouvoir du monarque ainsi que la résidence de sa famille. Dans cette prison dorée, l'étiquette est allégée mais quelques coutumes perdurent, comme le lever du roi ou la messe de midi. Parmi les archives exposées, on peut se délecter de lire les menus de la famille royale comme le dîner du 9 août 1792, composé notamment de côtelettes de veau, ou encore les gains de Louis XVI et Marie-Antoinette obtenus lors de parties de billard. Le tableau ci-dessous La Messe de la famille royale dans la galerie de Diane au château des Tuileries, au cours de l'été 1791 est la seule représentation de la famille royale réunie aux Tuileries de leur vivant. 

"La Messe de la famille royale dans la galerie de Diane au château des Tuileries, au cours de l'été 1791, anonyme, copie d'époque d'après Hubert Robert (DR)

 

2Les journaux de Louis XVI

L'exposition était le moment idéal pour présenter des documents inédits ou méconnus, dont certains de la main-même de Louis XVI. Des billets concis sur lesquels on peut apercevoir une petite écriture. Parmi les documents, le fameux journal dans lequel le roi avait écrit en 1789 "Mardi 14 juillet : rien", est présenté à l'hôtel de Soubise ouvert aux pages des années 1791-1792. Le monarque, élevé avec l'idée qu'il est le représentant de Dieu dans la Nation, assiste de manière impuissante à la chute de la monarchie. Lors de la fuite à Varennes, le 20 juin 1791, le roi rédige une déclaration, aussi appelée "Testament politique". Pour une fois, il y expose ses idées concernant sa situation politique et personnelle. Il s'y plaint notamment de son manque de liberté et de s'être sacrifié pour le peuple français.

3Une dizaine de lettres entre Marie-Antoinette et le comte de Fersen dévoilées pour la première fois

C’est là le point de départ de l’exposition. Marie-Antoinette a consacré beaucoup de temps dans sa vie à la correspondance. La plus énigmatique, c’est celle qu’elle a entretenu  dès 1783 avec Axel de Fersen, son favori suédois. Si une partie des lettres a été détruite ou a disparu, il en reste une soixantaine conservées par les Archives nationales. Celles-ci n'en restaient pas moins mystérieuses : une partie est codée, avec des chiffres, et quelque-unes sont caviardées (rayées). Grâce au projet REX des Archives, avec le Centre de recherche sur la conservation (CRC) du Muséum national d’histoire naturelle, le contenu des parties caviardées de huit lettres sur quinze a pu être révélé. Cette avancée a permis de comprendre que c’est bien Fersen qui a caviardé les lettres et pas l’un de ses descendants, comme on le pensait jusqu'alors. Il aurait voulu cacher des passages de nature amoureuse. En effet, les historiens ont longtemps douté de l'existence ou non d'une idylle entre le militaire et la reine. Pour la première fois, le comte déclare son amour à la reine. 

"Je vais finir, non pas sans vous dire mon bien cher et tendre ami que je vous aime à la folie et que jamais jamais je ne peux être un moment sans vous adorer ."

Marie-Antoinette à Axel de Fersen

Lettre datée du 4 janvier 1792

4Un portrait inédit de Marie-Antoinette

On pourrait penser avoir tout vu de la reine mais ce n’est pas le cas, comme nous le montre ce tableau. Ce portrait a été réalisé par le peintre suédois Adolf Ulrik Wertmüller vers 1785-1788. Marie-Antoinette y apparaît en toute simplicité, avec un habit d’intérieur comprenant une chemise à dentelles et une sorte de peignoir ample en taffetas de soie blanche. Ce déshabillé était porté avant la grande toilette du matin. Si le tableau est loin de la magnificence affichée dans les œuvres représentant la reine réalisées par la peintre Elisabeth Vigée Le Brun, ce portrait-ci a le mérite de nous confronter au regard d’une des souveraines les plus énigmatiques de France. Le tableau, qui n’a pas été exposé à Paris depuis 1954, est issu d'une collection privée alors autant en profiter pour le voir tant que c'est possible.

"Portrait de la reine Marie-Antoinette" d'Adolf Ulrik Wertmüller (vers 1785-1788) (DR)

 

Exposition "Louis XVI, Marie-Antoinette et la Révolution. La famille royale aux Tuileries (1789-1792)" jusqu’au 3 juillet puis du 30 août au 6 novembre aux Archives nationales à l’hôtel de Soubise à Paris

Horaires : du lundi au vendredi de 10 à 17h30, samedi et dimanche de 14h à 19h. Fermé le mardi.

Gratuit.

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